Veiller sur elle

1986, un moine se meurt dans une abbaye, entouré de ses frères. Dans les sous-sols, une oeuvre qui effraie le Vatican sommeille depuis des années, protégée et rigoureusement cachée.

1916, confié par sa mère auprès d’un oncle sculpteur, le jeune Mimo Vitaliani se découvre un talent exceptionnel pour cet art. Malgré sa petite taille qui fait de lui un paria, et en dépit des péripéties qui le conduiront d’une ville ou d’un atelier à l’autre, Vitaliani s’accroche à son génie et bouscule ses contemporains. Mais c’est au coeur de la campagne italienne, à Pietra d’Alba, que sa vie va changer, lorsqu’il rencontre pour la première fois la jeune Viola Orsini, noble farouche à la sensibilité exacerbée. 

C’est le début d’une amitié aussi redoutable qu’inspirante. Tandis que Viola refuse le rôle qu’on ne cesse de vouloir lui attribuer, Mimo profite de la montée du fascisme pour se faire un nom et asseoir sa réputation. Entre les mouvements de l’Histoire, la politique et les querelles de grandes familles aristocrates, leurs destins n’auront de cesse de se croiser.

Vous connaissez cette sensation : il y a des romans qui vous laissent un peu sonné, vide, presque triste une fois le livre refermé. Peut-être parce qu’après avoir vécu une vie (ou plusieurs) par procuration, il reste à la fin un petit quelque chose d’orphelin en vous. Mais cela ne dure jamais très longtemps. Les personnages sont à nouveau là, ils existent, ils vous accompagnent et pour toujours.

Lire Veiller sur elle, de Jean-Baptiste Andréa, c’est une chance inestimable : celle de ressentir à nouveau la joie du grand roman !

Frédéric

Veiller sur elle, Jean-Baptiste Andréa, éditions L’Iconoclaste 22,50 €

Dédicace et rencontre avec Fabien Clauw vendredi 4 novembre à 19h

Il fut un temps où rejoindre à la voile la Guadeloupe depuis Saint-Malo prenait plus d’une semaine… et où les navires ne s’appelaient pas Sodebo ou Banque Populaire, mais plutôt L’égalité, Le Redoutable, le Suffren… Un temps où la France et l’Angleterre se disputaient la maîtrise des océans, un temps de ruses, d’exploits et de fureurs, que connurent Surcouf ou Louis Garneray.

Avec sa grande saga maritime Les aventures de Gilles Belmonte, qui commence en 1798, Fabien Clauw, marin émérite et talentueux romancier, nous plonge au coeur de cette flamboyante époque. Dans un genre longtemps dominé par de grands écrivains anglais, C.S. Forester, Alexander Kent ou encore Patrick O’Brian, Fabien Clauw a su se faire une place et renouveler avec succès les codes de cette littérature en lui apportant modernité, fraîcheur et une insolence toute française !

Au cours des 5 tomes précédents, le Capitaine Gilles Belmonte connut mille péripéties, de l’Amérique à L’île Maurice en passant par la Bataille de Trafalgar, tandis que la France basculait de la Révolution à l’Empire. Dans cette dernière aventure où il sera question de retrouver un prince espagnol disparu et de rejoindre la Chine, le voici en charge d’un navire flambant neuf et d’une escadre prestigieuse. Mais forts d’un blocus impitoyable et d’une confiance retrouvée après Trafalgar, les anglais n’entendent pas laisser la moindre marge aux français, aidés par un puissant réseau d’espions…

Alors faites le plein de rhum et de citrons (très utile contre le scorbut), et embarquez avec nous et Fabien Clauw pour une rencontre et une séance de dédicace vendredi 4 novembre à 19h !

Vous pouvez réserver vos places si vous le souhaitez en contactant la librairie. 

A bientôt donc !

L’équipe de la librairie.

L’escadre du bout du monde, les aventures de Gilles Belmonte, Fabien Clauw éditions Paulsen 22 €

La Vie Clandestine

Dans les années 80, le groupuscule d’extrême-gauche Action Directe sema la terreur en France tout autant que l’incompréhension. Braquage de banques, attentats, assassinats, ses opérations firent les unes des journaux télévisés mais ne réussirent pas à convaincre le grand public. Ses membres qui firent couler le sang furent traqués, arrêtés, amnistiés, condamnés sans jamais qu’une quelconque vérité émerge, la faute en partie à un procès décevant et aux propos confus des inculpés ou à leur silence. Action Directe est resté une énigme, que le temps a peu à peu recouvert de poussière, mais qui toujours demeure.

En enquêtant sur AD, Monica Sabolo découvre une nébuleuse trouble faite de solidarité, de naïveté et d’ultra-violence, avec des figures à la fois charismatiques et banales. Entre grand banditisme, convictions politiques, terrorisme et amitié, le secret Action Directe est difficile à percer, tout juste peut-on l’effleurer du bout des doigts. Ne souhaitant pas rester à la surface des choses, l’autrice s’enfonce alors sous la ligne de flottaison, à la recherche de l’indicible, pour comprendre.

Elle y rencontre son propre passé. Une enfance étrange et solitaire, un père menteur et absent qui voyage beaucoup, transporte des valises, organise des soirées louches, une mère magnifique mais peu aimante… En s’attachant (ou s’identifiant) à la figure de Nathalie Ménigon, ex-ennemie public numéro un, membre fondatrice d’AD, jeune femme timide issue de la bourgeoisie, devenue tueuse de sang froid capable de tirer à bout portant sur un père de famille, Monica Sabolo détricote les illusions familiales, et nous montre que nous sommes tous ambivalents, fracturés par une dualité, comme les deux faces d’une même pièce. Le coeur de notre identité, de notre personnalité, ne se trouve peut-être que sur la tranche, comme dans l’obscurité profonde d’une porte entrouverte.

Dans La Vie Clandestine, livre remarquable, courageux et passionnant sur l’impossible pardon, Monica Sabolo nous montre qu’on peut affronter son passé avec peut-être au bout du chemin, la réconciliation. Sans pour autant résoudre le mystère, au moins s’en saisir. Et à défaut de la vérité, la paix

La Vie Clandestine, Monica Sabolo, Gallimard 21 €