Salon Etonnants Voyageurs

En raison de notre participation en tant qu’exposant au salon Etonnants Voyageurs, la librairie sera exceptionnellement fermée du mercredi 5 juin au mardi 11 juin inclus.

Nous vous invitons à venir nous rejoindre ce week-end sur les stands Gallimard, Le Seuil, Gallmeister, Liana Levi, L’Olivier, Philippe Rey, Phébus, Libretto, Buchet-Chastel, Noir sur Blanc… Vous pourrez y rencontrer Arhur H., Christian Bobin (à qui le prix Ganzo sera décerné !), Gaëlle Josse, Francesca Melandri, Catherine Poulain, Ron Rash, Michel Quint, Robert Solé, Valérie Zenatti, Erwan Desplanques, Muriel Barbery, David Diop, Mona Ozouf, Andreï Kourkov, Estelle-Sarah Bulle et tant d’autres !

Nous avons aussi la chance d’accueillir les deux lauréats du Prix Littérature-Monde :

Jamey Bradbury dans la catégorie des romans étrangers pour son fabuleux Sauvage (éditions Gallmeister), une quête familiale mystérieuse et envoûtante dans les forêts de l’Alaska, ainsi que Lola Gruber (catégorie roman en langue française) pour Trois concerts (édition Phébus), sans doute l’un des plus beaux romans autour de l’univers de la musique, une fresque romanesque hypnotisante et d’une intelligence rare !

Enfin la bande dessinée et le roman graphique sont aussi à l’honneur : Jean-Claude Denis, Hugues Micol, Typex, Mahi Grand et Olivia Burton, Terkel Risbjerg et Anne-Caroline Pandolfo, Daniel Casanave et Florence Debonvallet vous ferons volontiers de belles dédicaces !

Quant à celles et ceux qui se posent des questions pratiques suite aux travaux du Palais du Grand Large, pas de panique ! Deux chapiteaux Magic Mirrors seront installés devant le salon du livre pour vous accueillir (avec en plus des rencontres à la Chambre de Commerce et d’Industrie et à la médiathèque). Les expositions liées notamment à la bande dessinée et la jeunesse seront elles à la Chapelle Saint-Sauveur (intramuros).

Alors venez vite, on vous attend !

Frédéric, Fanny et Anna.

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Rencontre avec Jean-Paul Kauffmann samedi 23 mars

 

Interrogé sur ses voyages, Montaigne répondait : « Je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche. »

Que cherche justement Jean-Paul Kauffmann en partant à Venise ? Lui qui nous a habitué aux destinations reculées ou insolites : l’archipel des Kerguelen, Sainte-Hélène, Courlande, Eylau… Lui qui nous a surpris en remontant à pied la Marne…

Pourquoi Venise ? On ne compte plus les livres sur la « Sérénissime », des plus illustres aux plus anecdotiques. Alors que peut-on écrire de plus sur cette ville qui échappe à tous les qualificatifs, à toutes les descriptions ?

« Je m’attaque à un cliché, dit Jean-Paul Kauffmann, cette ville a fait beaucoup trop couler d’encre. »

La réponse est peut-être derrière des portes closes. Difficile à croire mais Venise compte plus d’une quarantaine d’églises inaccessibles. Si une poignée d’entre elles sont ouvertes quelques jours par an (pour des messes exceptionnelles ou lors de la Biennale par exemple), beaucoup de ces monuments restent condamnés et invisibles au commun des voyageurs. Mais Jean-Paul Kauffmann n’aime pas les portes fermées et au fil de son séjour pénétrer dans ces sanctuaires devient pour lui peu à peu une obsession. D’autant qu’à l’intérieur dorment peut-être des trésors…

C’est le début d’une savoureuse enquête, tout à la fois cocasse et littéraire, où il lui faudra déjouer l’administration kafkaïenne du Patriarcat vénitien, prouver sa bonne foi auprès d’une guide touristique, et surtout être honnête avec lui-même.

Parce qu’il ne s’agit pas ici d’un simple récit de voyage. Venise à double tour est bien le récit d’une quête, une quête intérieure et intime. Voir et sentir pour se connaître, se comprendre.

En partant sur les traces de Sartre, Lacan ou d’Hugo Pratt, Jean-Paul Kauffmann nous emmène dans une joyeuse équipée vénitienne, où l’amitié, la curiosité, l’érudition et le sacré s’unissent pour une ode à la vie.

Nous sommes très heureux de vous inviter à venir rencontrer Jean-Paul Kauffmann le samedi 23 mars à la librairie ! Un débat aura lieu à partir de 19h qui sera suivi d’une séance de dédicace et d’un apéritif ! Les places sont limitées, n’hésitez pas à vous inscrire par mail ou par téléphone.

venise double tour

Venise à double tour, Jean-Paul Kauffmann, éditions des Equateurs 22 €

L’Appel

Et me voilà tout d’un coup de retour sur le terrain d’athlétisme de l’école.

Enfant je n’ai guère apprécié les cours de sport. Dans le meilleur des cas j’arrivais à me rendre invisible en me faisant oublier dans un coin. Mais quand la chance n’était pas de mon côté, il fallait tenter l’épreuve et invariablement j’échouais. Les profs me détestaient.

Près de quarante ans plus tard un vieux démon resurgit dans un roman (un premier) de la rentrée littéraire de janvier : Fosbury.

Fosbury… Souvenez-vous : on commence d’abord par sauter en ciseaux… puis on passe à la technique du saut « en Fosbury », c’est-à-dire le saut en hauteur en rouleau dorsal. Parce qu’en ciseaux la limite est vite atteinte. En Fosbury tout est possible. Enfin pas pour moi qui finissais toujours par prendre la barre dans le dos… mais passons.

Richard Fosbury a grandi dans l’Amérique insouciante des années 60. Parce qu’il faut faire du sport et qu’il est un grand dadais, on l’inscrit au saut en hauteur. Il n’est pas très bon et plafonne vite. Mais lui s’en moque, tout ce qu’il veut c’est se faire des amis et pouvoir se promener tranquillement dans les rues de Portland après les cours. Mais les années passent et la pression monte, alors tant bien que mal Richard s’entraine et un peu par hasard il découvre que la concentration requise pour le saut le met dans une sorte de transe. Il y découvre des sensations inédites et plonge plus profondément en lui. Le trajet après les cours devient pour lui une expérience mystique et lui procure une joie insoupçonnée.

Mais il plafonne toujours. Alors il s’entraine en cachette sur un ancien terrain d’athlétisme transformé depuis en terrain vague, où la végétation l’empêche presque de sauter. A une question d’un journaliste quelques années plus tard qui lui demandera: « A quoi devez-vous votre saut ? » il répondra : « à un arbre ».

Car un jour son saut va se transformer. Sans comprendre et sans le vouloir il va inventer en pleine compétition un saut révolutionnaire, à la stupéfaction de tous. Et le plafond va exploser.

Dans l’Appel, publié aux éditions Finitude, Fanny Wallendorf s’empare d’un personnage historique pour nous permettre de mieux cerner les tourments et les rêves d’un enfant, d’un adolescent puis d’un adulte, qui toute sa vie devra résister face à la bêtise et l’incompréhension. A chaque fois son saut sera remis en question, à chaque fois on tentera de le ramener en arrière, au sein du troupeau. Mais jamais il ne cèdera.

La seule chose qu’a voulu Richard, au fond, c’est qu’on le laisse tranquille. Qu’on le laisse libre. Libre de se concentrer. Libre de sauter comme il l’entend. Libre de s’arracher du sol. Libre de vivre.

Et à la lecture de ce merveilleux roman, près de quarante ans plus tard, Fosbury ne m’apparaît plus comme une humiliation scolaire de plus. Fosbury sonne désormais pour moi comme un appel irrésistible et inaliénable à l’envie de vivre et à la liberté.

Nous voilà réconciliés.

Frédéric

l'appel

L’Appel, Fanny Wallendorf, éditions Finitude 22 €