Rencontre Libretto mardi 28 novembre

Il y a vingt ans, rue du faubourg Saint-Antoine à Paris, au cœur d’une librairie-papeterie de quartier et au hasard d’un colis, je découvris mon premier libretto. Un poche aux dimensions curieuses, un peu plus grand que les autres, et sur la couverture une fenêtre ouverte sur l’océan. Un titre évocateur tout à la fois banal et empreint de mystère, une invitation à la lecture : Les locataires de l’été. L’auteur, un inconnu : Charles Simmons.

Et la première phrase du roman, implacable et terrible : « C’était pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya. »

Depuis ce livre ne m’a jamais quitté, et j’ai veillé scrupuleusement à ce qu’il soit toujours dans les rayons des librairies dans lesquelles j’ai eu la chance de travailler.

Mon premier libretto fut suivi d’un autre : Crime, de Meyer Levin. Un récit terrible à la portée universelle. Une réflexion profonde sur le mal, la culpabilité, la peine de mort, la psychanalyse… Une fois le livre refermé, je me souviens m’être dit à voix haute : « Quel grand livre ! »

Et puis un autre, et un autre, et un autre… Comme cette dernière pêche miraculeuse : L’enfant à la balustrade, de René Boylesve, la réédition d’un roman férocement drôle et attachant, contant les péripéties malheureuses d’une famille de notables au cœur d’une petite ville de province…

Au cours de toutes ces années passées à défendre des livres, aucune maison d’édition, aucune collection, aucun catalogue n’a suscité en moi autant de passion et d’intérêt. Ouvrir un libretto c’est préparer sa valise la veille d’une grande traversée. C’est s’envoler pour une destination inconnue. C’est une découverte, toujours inédite, toujours inattendue. Lorsqu’il m’arrive de ne plus savoir quoi lire, lorsque l’envie des mots s’effrite et me quitte, il me suffit de me retourner vers les libretto pour retrouver la joie des grandes lectures.

De l’intimité des grandes passions aux folles aventures maritimes, de récits incroyables aux plus belles histoires, d’un pays, d’un continent ou d’un océan à l’autre, tout est possible avec un libretto. Tout est surprise.

Beaucoup m’ont été conseillés par des clients, ce sont des secrets qu’on s’offre entre amis, entre frères et soeurs de lecture.

Romans des siècles passés, récits de voyages, littérature orientale, chefs-d’oeuvre oubliés, les libretto sont pour moi une bibliothèque idéale sans cesse en expansion, une source inépuisable d’inspiration. Car Libretto c’est Jack London, Louis Garneray, Claude Farrère, Robert Margerit, Pierre Loti, Bernard Ollivier, Les Mille et une Nuits ou le Livre des Ruses, Vladimir Bartol, Anne Brontë, Wilkie Collins, Francisco Coloane, Daniel Defoe, C.S Forester, Alexander Kent, Giles Milton, Slavomir Rawicz… et tant d’autres ! Tellement d’autres !

Enfin Libretto c’est aussi Saint-Malo ! Un partenaire de longue date du salon Etonnants Voyageurs, un soutien précieux de L’Odyssée et des librairies indépendantes.

Alors je vous invite à nous rejoindre à la Grande Passerelle, la médiathèque de Saint-Malo, le mardi 28 novembre à partir de 18h, pour une rencontre exclusive avec les éditeurs de Libretto afin d’explorer la richesse de leur catalogue et découvrir leur passionnant métier. Ils sauront j’en suis sûr nous donner mille envies, mille pistes de lectures qu’ensemble nous pourront ensuite explorer !

Frédéric.

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Malouinières : dédicace d’Olivier de la Rivière vendredi 13 octobre

Après son excellent Guide secret de Saint-Malo, Olivier de la Rivière est déjà de retour avec un nouveau livre : Malouinières, demeures d’exception, toujours publié aux éditions Ouest-France (29.50€), où il retrace l’histoire de ce patrimoine architectural unique et précieux du pays de Saint-Malo.

Des plus emblématiques aux plus secrètes, plus de 30 malouinières sont ainsi décrites et magnifiquement photographiées. La majorité étant inaccessible au public, c’est une opportunité rare de pénétrer dans l’intimité de ces célèbres maisons d’armateurs.

A l’occasion du lancement de ce livre, nous sommes heureux de vous inviter à rencontrer l’auteur pour une séance de dédicace à la librairie ce vendredi 13 octobre, de 18h à 19h !… Autour d’un joyeux apéritif !

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Malouinières, demeures d’exception, Olivier de la Rivière et Hervé Ronné (photographies), éditions Ouest-France 29.50 €

Les fantômes du vieux pays

Comment puis-je vous convaincre qu’un roman éclipse à lui tout seul tout ce qu’on peut trouver sur les tables de nouveautés de n’importe quelle librairie ?

Cela peut sembler exagéré, et surtout injuste. Et pourtant.

Plutôt que de résumer les 700 pages, je vais me contenter d’une petite introduction.

Samuel est un professeur d’université et un auteur en panne d’inspiration, très en panne d’ailleurs puisqu’il n’a jamais écrit de roman, juste une nouvelle dans une revue littéraire qui lui valut autrefois un très court quart d’heure de gloire. Depuis il passe la majeure partie de son temps à se prendre pour un elfe dans un jeu vidéo en ligne. Sans doute veut-il oublier que sa mère l’a abandonné, lui et son père, lorsqu’il avait 12 ans. Mais voici qu’elle agresse à la télévision un gouverneur, ce qui suscite l’intérêt d’un éditeur qui propose à Samuel d’effacer une longue liste de dettes en écrivant une biographie de celle dont il ne voulait plus entendre parler. Le moment est donc venu de mener l’enquête et de plonger enfin dans les vieux dossiers familiaux et d’explorer les souvenirs d’enfance.

Inutile d’en dire plus. Sachez juste que cet ébouriffant roman regorge de rebondissements, qu’il est drôle et parfois grinçant, qu’il est furieusement original, raconté avec un talent narratif déconcertant, qu’il est impressionnant mais qu’il se lit avec un immense plaisir, une joie enivrante, qu’on est sans cesse surpris, que ses personnages sont incroyables, qu’on traverse les époques comme dans un rêve, qu’on rit beaucoup mais qu’on en ressort aussi pas mal secoué.

C’est un premier roman, on a du mal à le croire. Alors on parle de prodige, de génie… Sans doute est-ce justifié. Mais ce que je retiendrai surtout, c’est qu’en plus de découvrir un nouvel auteur, on découvre une histoire. Nathan Hill sait, du début à la fin, créer et raconter une authentique histoire. Et comble de la réussite, tout en l’incluant dans le contexte trouble de la fin des années 60 aux Etats-Unis et la réalité affolante de notre monde moderne et aliénant. Ainsi, comme les meilleurs romans de John Irving, Les fantômes du vieux pays est un livre qui emporte, amuse, émeut, et au bout du voyage se transforme en une lecture inoubliable, un ami pour la vie.

Frédéric.

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Les fantômes du vieux pays, Nathan Hill, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Mathilde Bach, éditions Gallimard 25 €.