Bienvenue en 2021 !

A toutes et à tous nous vous souhaitons la plus belle des nouvelles années !

Une année douce et joyeuse, en route vers l’espoir d’un monde apaisé et juste, avec en ligne d’horizon la liberté et la joie de nous retrouver.

Et une certitude : la littérature ne nous laissera pas tomber !

Merci pour votre soutien, grâce à vous ce fut un mois de décembre historique pour L’Odyssée et les librairies indépendantes. Une embellie inespérée qui permet aux auteurs, aux éditeurs et aux libraires d’être confiants en l’avenir et de se projeter dans le futur.

N’oubliez pas que derrière chacune de vos commandes, il y a un auteur, un éditeur, un imprimeur, souvent un diffuseur, un distributeur, un transporteur, un libraire… Une foule de petites mains qui, comme en décembre, travaillent parfois jour et nuit pour vous livrer au plus vite, dans le respect du droit du travail et des règles sanitaires, en payant impôts et charges sociales. C’est cet écosystème du livre et cette logistique miraculeuse qu’il faut protéger et soutenir, car sans elle aucune création littéraire digne de ce nom n’est possible, aucune richesse éditoriale telle que nous la connaissons ne pourrait exister.

Une nouvelle année donc et déjà une nouvelle rentrée avec son lot de coups de coeur ! Sous le signe de la vie, de l’intelligence, de la sensibilité, de la beauté et de l’élégance avec le nouveau recueil de proses inédites du si grand Julien Gracq : Noeuds de vie (Ed. Corti 18 €). Une année captivante et audacieuse avec le roman de Marie Ndiaye La vengeance m’appartient (Gallimard 19.50 €).

Une année de résistance et de danse, comme dans le roman de Marie Charrel : Les danseurs de l’aube (ed. L’Observatoire 20 €). Ou bien encore une année de nouvelles lumineuses, avec Les orages de l’attachant Sylvain Prudhomme (Gallimard L’arbalète 18€).

N’oublions pas les livres de poche, avec notamment la sortie du grandiose Mécanique de la chute de Seth Greenland, désormais un incontournable de la littérature contemporaine américaine, déjà chroniqué sur ce site (Liana Levi Piccolo 12 €). Ainsi que le merveilleux et inoubliable Borgo Vecchio de l’italien Giosuè Calaciura (Folio 6.90€). Ce n’est qu’un début…

Alors malgré les couvre-feux (nous sommes évidemment contraints de fermer à 18h désormais), les confinements aux allures d’épées de Damoclès, malgré le virus, la pandémie, la crise et la peur, nous sommes là, fidèles à nous-mêmes, attachés au lieu magique qu’est la librairie, pour vous accueillir, vous conseiller et vous surprendre. Nous sommes là pour vous mais surtout (et encore une fois) grâce à vous.

Frédéric et toute l’équipe de la librairie.

Prix Goncourt 2020 : L’Anomalie

Avec plusieurs semaines de retard en raison du (re)confinement, le prestigieux Prix Goncourt récompense ce jour L’Anomalie d’Hervé Le Tellier, publié aux éditions Gallimard.

Félicitations donc à l’auteur de ce passionnant roman, profondément divertissant mais aussi étrange qu’inquiétant ! Dans l’Anomalie, ce qui devait être un simple vol Paris New-York se transforme en une quête haletante d’une vérité inimaginable, où s’entremêle questionnement autour du destin, de la gémellité et de l’identité. A l’aide d’une narration habile et maligne, Hervé Le Tellier surprend le lecteur et l’emmène là où il ne s’y attend pas, dans un territoire obscur et flou, qui nous transporte directement (pour ceux qui l’ont connu) vers la série la Quatrième Dimension (The Twilight Zone en anglais) version noir et blanc.

Un Prix Goncourt futé qui se dévore donc comme une excellente série télévisée. Une consécration qui vient sans doute répondre à une envie de s’évader, sans pour autant laisser de côté le talent, l’intelligence et la réflexion. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Frédéric

L’Anomalie, Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020, Gallimard 20 €

Nature humaine

Heureux lauréat du Prix Femina 2020, Serge Joncour signe un grand roman rural qui brosse avec brio les métamorphoses de la société française de la fin du XXème siècle.

A travers le regard et les tribulations d’Alexandre, un agriculteur du Sud-ouest de la France, l’écrivain nous fait revivre les saisons, de la canicule de l’été 1976 à la tempête de 1999 mais aussi l’angoisse du temps qui passe, des mutations qui nous échappent et du fameux passage à l’an 2000.

Dans ce beau roman militant, Serge Joncour retrace l’histoire économique, sociale et politique d’une France révolue et que l’on sait aujourd’hui assujettie à ces choix du passé. L’institution de l’agriculture intensive et la froide mise aux pas des petits agriculteurs pour coller à l’industrialisation alimentaire. Le célébrissime combat pour le Larzac et la lutte anti-nucléaire. L’arrivée des poteaux téléphoniques et la construction d’énormes autoroutes au milieu des champs. L’élection d’un président de gauche. La catastrophe de Tchernobyl.

Autant d’événements que l’auteur traite toujours avec un regard désabusé mais tendre.

Solène.

Nature humaine, Serge Joncour, éditions Flammarion 21 €

P.S : Nous ouvrons désormais du mardi au samedi inclus de 10h à 13h et de 14h à 16h pour les retraits des commandes et des réservations. Si vous souhaitez récupérer vos livres en dehors de ces horaires, c’est possible, il suffit juste de nous prévenir un peu à l’avance !

Merci à Solène, notre nouvelle et joyeuse apprentie, pour son premier coup de coeur sur le blog de la librairie !

La citation du jour :

« Ce que serait un monde sans livres, nous ne le savons pas. L’idée qu’en donne Mil neuf cent quatre-vingt-quatre n’incite pas à le regretter. Mais nous savons désormais ce qu’est un pays sans librairies, ou du moins dont les librairies sont fermées […] Aujourd’hui mieux que jamais : rien ne paraît aussi indispensable et urgent qu’un livre désiré mais inaccessible ; rien ne remplace le plaisir de trouver en rayon le livre que l’on cherchait si ce n’est le plaisir d’en trouver un que l’on ne cherchait pas ; tous les acteurs de la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur, sont dans le même bateau, et c’est un frêle esquif. »

Edito de la Lettre de la Pléiade n°67