Fête de la Librairie Indépendante !

Il y a 40 ans un jeune ministre s’attaquait à la dérégulation du prix du Livre et proposait une loi obligeant l’éditeur à fixer un prix valable chez tous les détaillants. Ce prix unique avait pour objectif d’empêcher les grandes surfaces, la FNAC en tête, d’écraser le marché du Livre en pratiquant des rabais que les librairies ne pouvaient appliquer. En préservant le marché, le pari était de permettre aussi à la création littéraire de perdurer et à un pays de sauvegarder une partie de son identité et de sa richesse.

Ce ne fut pas facile pour le jeune ministre. Attaqué de toutes parts par un lobbying armé jusqu’aux dents, il se sentit bien seul malgré le soutien précieux de Jérôme Lindon des éditions de Minuit. Mais le jeune ministre fort de sa conviction ne lâcha rien et se battit jusqu’au bout. La raison et la loi l’emportèrent.

Ce ministre s’appelait Jack Lang et la loi porte son nom.

Ce samedi 24 avril, à l’occasion de la Fête de la Librairie Indépendante, nous rendons hommage aux 40 ans de la Loi Lang de 1981, cette Loi qui nous protège tous, lecteurs, auteurs, éditeurs et libraires.

Que vive la loi unique du prix du livre ! Est un recueil spécialement édité pour l’occasion (par l’Association Verbes, avec le soutien de nombreux éditeurs et partenaires) et vous sera offert ce jour pour l’achat d’un livre ! Vous y retrouverez Agnès Desarthe, Mathieu Sapin, Mohammed Aïssaoui, Jean-Yves Mollier, Alban Cerisier, Antoine Gallimard et la libraire Marie-Rose Guarniéri. Chacune et chacun à sa manière racontent son attachement aux livres, aux librairies et à cette loi courageuse.

Le prix du livre est le même partout, et c’est tant mieux !

Frédéric

Bienvenue en 2021 !

A toutes et à tous nous vous souhaitons la plus belle des nouvelles années !

Une année douce et joyeuse, en route vers l’espoir d’un monde apaisé et juste, avec en ligne d’horizon la liberté et la joie de nous retrouver.

Et une certitude : la littérature ne nous laissera pas tomber !

Merci pour votre soutien, grâce à vous ce fut un mois de décembre historique pour L’Odyssée et les librairies indépendantes. Une embellie inespérée qui permet aux auteurs, aux éditeurs et aux libraires d’être confiants en l’avenir et de se projeter dans le futur.

N’oubliez pas que derrière chacune de vos commandes, il y a un auteur, un éditeur, un imprimeur, souvent un diffuseur, un distributeur, un transporteur, un libraire… Une foule de petites mains qui, comme en décembre, travaillent parfois jour et nuit pour vous livrer au plus vite, dans le respect du droit du travail et des règles sanitaires, en payant impôts et charges sociales. C’est cet écosystème du livre et cette logistique miraculeuse qu’il faut protéger et soutenir, car sans elle aucune création littéraire digne de ce nom n’est possible, aucune richesse éditoriale telle que nous la connaissons ne pourrait exister.

Une nouvelle année donc et déjà une nouvelle rentrée avec son lot de coups de coeur ! Sous le signe de la vie, de l’intelligence, de la sensibilité, de la beauté et de l’élégance avec le nouveau recueil de proses inédites du si grand Julien Gracq : Noeuds de vie (Ed. Corti 18 €). Une année captivante et audacieuse avec le roman de Marie Ndiaye La vengeance m’appartient (Gallimard 19.50 €).

Une année de résistance et de danse, comme dans le roman de Marie Charrel : Les danseurs de l’aube (ed. L’Observatoire 20 €). Ou bien encore une année de nouvelles lumineuses, avec Les orages de l’attachant Sylvain Prudhomme (Gallimard L’arbalète 18€).

N’oublions pas les livres de poche, avec notamment la sortie du grandiose Mécanique de la chute de Seth Greenland, désormais un incontournable de la littérature contemporaine américaine, déjà chroniqué sur ce site (Liana Levi Piccolo 12 €). Ainsi que le merveilleux et inoubliable Borgo Vecchio de l’italien Giosuè Calaciura (Folio 6.90€). Ce n’est qu’un début…

Alors malgré les couvre-feux (nous sommes évidemment contraints de fermer à 18h désormais), les confinements aux allures d’épées de Damoclès, malgré le virus, la pandémie, la crise et la peur, nous sommes là, fidèles à nous-mêmes, attachés au lieu magique qu’est la librairie, pour vous accueillir, vous conseiller et vous surprendre. Nous sommes là pour vous mais surtout (et encore une fois) grâce à vous.

Frédéric et toute l’équipe de la librairie.

Prix Goncourt 2020 : L’Anomalie

Avec plusieurs semaines de retard en raison du (re)confinement, le prestigieux Prix Goncourt récompense ce jour L’Anomalie d’Hervé Le Tellier, publié aux éditions Gallimard.

Félicitations donc à l’auteur de ce passionnant roman, profondément divertissant mais aussi étrange qu’inquiétant ! Dans l’Anomalie, ce qui devait être un simple vol Paris New-York se transforme en une quête haletante d’une vérité inimaginable, où s’entremêle questionnement autour du destin, de la gémellité et de l’identité. A l’aide d’une narration habile et maligne, Hervé Le Tellier surprend le lecteur et l’emmène là où il ne s’y attend pas, dans un territoire obscur et flou, qui nous transporte directement (pour ceux qui l’ont connu) vers la série la Quatrième Dimension (The Twilight Zone en anglais) version noir et blanc.

Un Prix Goncourt futé qui se dévore donc comme une excellente série télévisée. Une consécration qui vient sans doute répondre à une envie de s’évader, sans pour autant laisser de côté le talent, l’intelligence et la réflexion. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Frédéric

L’Anomalie, Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020, Gallimard 20 €