Un monde à portée de main

Il y a un schéma récurrent dans les romans de Maylis de Kerangal. Une recette diront certains. Je pense plutôt qu’il y a une voix, un geste. Chaque roman est un univers à lui tout seul, tout autant banal et quotidien que secret et méconnu.

Dans un monde à portée de main, il est ici question de peintures, d’arts décoratifs, de fresques, de reproductions, de couleurs, de matières, de pinceaux… et de gestes justement. Du sensible et du beau, de ce qu’il y a d’imperceptible entre la main et la toile. De l’immensité suspendue lorsqu’en une fraction de seconde le mouvement se fige.

Bien-sûr il y a aussi des personnages, de jeunes artistes surdoués formés à rude école, qui se cherchent, se trouvent un peu, se perdent et se cherchent à nouveau. On s’aime mais on ne le sait pas, sans savoir mettre les mots sur les sentiments, sans pouvoir les identifier. A l’image d’une société en mal de repères, gentiment en roue libre, les personnages de Maylis de Kerangal sont un brin androgynes, maladroits et un peu paumés. Mais ils sont généreux, pleins de vie, ils avancent sans cynisme et nous transmettent leur énergie. On s’attache à eux, ils nous guident vers un monde insoupçonnable entre l’art et la vérité.

Et c’est cette vie qui nous saute aux yeux à chaque page et qui nous étreint le coeur. Un monde à portée de main n’est pas un livre technique, ni de techniques. C’est un roman intelligent, malin et passionnant. Il aiguise notre regard et développe notre sensibilité au monde et à la beauté, à tout ce qui est là devant nous mais que nous ne voyons pas ou plus. Il tente d’être au plus près de la sensation et nous invite à sentir le temps, tandis qu’autour de nous tout s’affole en une vaine et vulgaire fuite en avant.

C’est parce qu’il n’est pas seulement habile mais nécessaire que ce nouveau roman de Maylis de Kerangal devient en fin de compte subversif.

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Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal, éditions Verticales 20 €

Dédicace de François Ravard samedi 21 juillet de 16h à 19h

On connaissait François Ravard le dessinateur. L’auteur notamment de « Mort aux vaches ! » aux éditions Futuropolis ou bien des « Mystères de la Cinquième République » chez Glénat. Avec son nouvel album « Pas un jour sans soleil » – éditions Glénat 15 € -, nous découvrons François Ravard l’illustrateur… Mais aussi le poète, l’artiste.

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Installé depuis quelques années à Dinard, la mer devient pour lui une source d’inspiration et un théâtre sans cesse changeant où viennent s’exprimer toutes les facettes de la nature humaine. Doux, drôle et tendre, il croque avec malice et un talent époustouflant les rencontres anecdotiques ou merveilleuses qu’offre un paysage de bord de mer. A la fois épurées et incroyablement mises en couleurs, ses aquarelles sont touchées par une grâce simple et évidente, celle du talent et du don de l’observation. Mais surtout elles portent sans prétention la marque d’une profonde humanité et d’un grand coeur.

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Bien-sûr il y a un peu de Sempé chez Ravard, mais il y a surtout beaucoup de Ravard…

Nous vous invitons à venir rencontrer à la librairie ce fabuleux dessinateur qu’est François Ravard ce samedi 21 juillet de 16h à 19h pour une séance de dédicace !

De quoi inaugurer en beauté la Nuit des Galeries à Saint-Malo !

Vous pouvez avoir un bon aperçu du travail de l’artiste sur son site internet La Galerie Alfred, et craquer ainsi pour des originaux, des tirages d’art ou des affiches. Vous verrez à la librairie qu’en ce qui nous concerne c’est déjà fait !

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Enfin si vous franchissez hardiment la Rance, faites un petit tour à la galerie Les Pouces-Pieds (17b rue Levavasseur) à Dinard, vous y découvrirez un grand nombre d’oeuvres !

Et si on disait…

On a craint le pire, on a finalement eu le meilleur.

Il n’était pas gagné d’avance ce salon… Un contexte tendu avec des mouvements sociaux, la fermeture de la gare SNCF de Rennes et les trains qui s’arrêtent à Laval… Mais les organisateurs ont tenu bon. Il a eu lieu ce festival, et pas qu’un peu !

Il est souvent plus facile, plus mesquin même, de dire ce qui ne va pas, ce qui marche mal. Mais tout comme il n’y a pour moi aucun intérêt à dire du mal d’un mauvais livre, je préfère vous dire ce qui va bien, ce qui marche.

Ils étaient là, les festivaliers. Et les auteurs, et les libraires.

Et vous savez quoi ?

On a adoré ça ! Même si un rien prisonniers derrière nos stands, nous n’avons pas pu profiter des rencontres, des conférences, des tables rondes, des films… Nous avons vu un public curieux, heureux, patient, tendre la main vers des auteurs ravis et humbles.

Parce qu’on aime ce festival, on aimerait qu’il soit plus fort, plus moderne, plus grand. Mais qu’importe, le plus important c’est qu’il marche !

Merci aux organisateurs, aux bénévoles, aux éditeurs qui soutiennent la librairie, aux auteurs, au public et à la ville de Saint-Malo de nous permettre de vivre de si belles journées !

Et si on disait… à l’année prochaine ?

Frédéric.

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J.M.G Le Clézio et Patrick Chamoiseau sur notre stand (éditions Philippe Rey), avec à leurs côtés Anna Moï et Mireille Delmas-Marty  pour le collectif Osons la fraternité!