Les feuilles mortes

Venant tout juste de sortir en Folio Policier, Les Feuilles mortes est l’un des polars les plus réussis de Thomas H. Cook ! Un petit chef-d’oeuvre du genre qui se dévore d’une traite, 300 pages qui vous tiennent en haleine, avec une fin inattendue.

Imaginez-vous père de famille sans histoire. Vivant dans une jolie maison, avec une gentille famille. Subitement votre fils, un adolescent mal dans sa peau et un rien pataud, se retrouve impliqué dans la disparition d’une fillette. Bien-sûr, en tant que père aimant vous soutenez votre fils et persuadez votre entourage de son innocence, tout simplement parce que pour vous il n’y a pas d’autres possibilités. Seulement votre fils est plutôt confus dans ses explications et sa défense, et petit à petit le doute va s’insinuer en vous. Et ce doute va s’accroître, faisant sortir au passage quelques squelettes du placard. Votre famille n’en sortira pas indemne. Ni vous, ni votre fils. Et d’ailleurs au final, est-il coupable ou innocent ?

Avec la même efficacité que dans Les Ombres du Passé, Thomas H. Cook persiste et signe dans sa veine des thrillers familiaux, pour notre plus grand bonheur ! A ne rater sous aucun prétexte !

Les feuilles mortes, Thomas H. Cook, Folio policier 6.60 €.

Un employé modèle

Laissez-moi vous présenter Joe Middleton. Homme de ménage dans un commissariat, « Joe-le-lent » est ce qu’on pourrait appeler un simple d’esprit. Signe particulier : célibataire vivant sous l’emprise tyrannique d’une mère presque sénile, qui le soupçonne d’être homosexuel. La vie de Joe est somme toute très ordinaire, entre son deux pièces insalubre, son travail et la maison de sa mère, son quotidien n’est que routine et pain de viande (que lui cuisine à chaque fois « Maman »).

Pourtant, Joe aime bien fouiller discrètement dans le commissariat. Particulièrement dans la salle des inspecteurs, où il suit en cachette le déroulement des enquêtes.

Ce qui s’avère très pratique, car en vérité Joe est loin d’être un idiot… en plus d’être un tueur en série !

Avec ce polar décalé aux multiples rebondissements, Paul Cleave, qui nous vient de Nouvelle-Zélande, ne nous laisse pas une minute de répit. Entre humour noir et thriller saignant, Un employé modèle est une sacrée réussite.

Un employé modèle, Paul Cleave, éditions Sonatine 22 €.

Le retour de Jim Lamar

L’une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire est ce premier roman de Lionel Salaün, un vrai-faux roman américain se déroulant sur les bords du Mississipi. C’est l’histoire d’un vétéran du Vietnam qui revient s’installer dans la ville de son enfance des années après la fin de la guerre et la mort de ses parents. Très vite les rumeurs vont circuler et Jim lamar, vivant reclus et mis au ban de la communauté, devient vite celui par qui le scandale arrive. Mais sa rencontre avec Billy, un jeune garçon de 13 ans en plein conflit paternel pourrait bien changer la donne.

Loin de n’être qu’un livre sur la guerre, qui est à peine abordée dans le roman, Le retour de Jim Lamar est surtout un livre sur l’amitié, l’enfance et le pouvoir de la confession. Car c’est en livrant peu à peu ses souvenirs et son passé chargé à Billy, que Jim Lamar pourra envisager le début d’une rédemption. A condition toutefois que la bêtise et l’intolérance, incarnées avec brio par le sinistre Oncle Homer, ne rattrapent pas l’ancien soldat. Quant à Billy, il trouvera chez Jim, personnage énigmatique et solaire, tout ce que son père n’a pas pu ou su lui donner.

Attachant et accrocheur, pertinent et évitant avec malice une fin trop convenue, Le retour de Jim Lamar nous donne l’impression de lire de la très bonne littérature américaine, qui n’est pas sans rappeler par certains côtés l’excellent Wisconsin de Mary R. Ellis.

Le retour de Jim Lamar, Lionel Salaün, éditions Liana Levi 17 €.