Le Front Russe

Non ne partez pas ! le Front Russe n’est pas un énième roman sur la seconde guerre mondiale (ouf !), mais un joyau d’humour comme on en fait plus, un roman qui fait tellement rire qu’il vous fait passer pour un idiot dans le métro ou au restaurant, et qui vous colle un sourire en coin toute une semaine au risque de semer le trouble parmi vos collègues.

Vous rêvez de voyages, d’aventures, de jouer les hommes de l’ombre de la diplomatie française ? Alors faites comme le narrateur et devenez fonctionnaire au Quai d’Orsay ! Mais évitez dès le début de vous mettre à dos le chef de cabinet, car sinon vous serez affecté au service « Bureau des pays en voie de création / Section Europe de l’Est et Sibérie. » Et là, adieu les voyages et les joies de la diplomatie, bienvenue dans Le placard du ministère, entouré de collègues à moitié fous ou dépressifs, fonctionnaires zombies mi-planqués mi-sacqués, qui gèrent tant bien que mal leur ennui et la misère de leur travail.

Il y a tellement de choses à dire qu’on ne sait pas par où commencer : L’enfance sordide du narrateur dont les points culminants sont la contemplation d’une tapisserie très typée « années 70 », et une collection de « Géo » savamment entretenue ? Une scène très sensuelle où il est question d’un chien qui s’appelle Youki et d’une truffe humide ? Un chef de service pas très net qui parle comme un sergent instructeur ? Une collègue dont le territoire exclusif est la photocopieuse ? Un pigeon mort mort dur à enlever qui remet en question les lois sur les marchés publics ?

Après tout ce roman ne fait que 252 pages (c’est trop court, on aimerait pouvoir continuer à rire ça fait tellement de bien !) alors inutile de tout raconter en détails. Sachez juste qu’il est très bien écrit, que le regard porté sur les fonctionnaires n’est ni méchant ni gratuit, mais empreint d’une certaine tendresse. Qu’il est à  la fois drôle et tragique (enfin pas trop, mais tout de même quelle enfance pathétique !), sans oublier son côté instructif qui vous apprendra tout un tas de nouveaux noms de pays de l’est émergents (ou non) que vous pourrez ensuite placer habilement lors des soirées de l’ambassadeur.

L’auteur s’appelle Jean-claude Lalumière (ça ne s’invente pas), son roman Le Front Russe et c’est aux éditions Le Dilettante. C’est brillant, c’est tordant, c’est mordant, c’est formidable, indispensable et ça fait voyager (enfin juste un peu).

Le Front Russe, Jean-Claude Lalumière, éditions Le Dilettante 17 €.

Verdict

Si l’envie de vous plonger dans un bon polar juridique vous titille, je vous conseille ce mois-ci Verdict, de Justin Peacock, un nouvel auteur américain traduit chez Sonatine. Premier roman et déjà élu meilleur thriller de l’année par le Washington Post, c’est prometteur !

Dans Verdict, nous faisons la connaissance avec un avocat en disgrâce suite à une sinistre affaire de drogue. En guise de pénitence, Joël Deveraux se retrouve commis d’office, à défendre les petits criminels et à traiter des délits sans grande importance. Mais une nouvelle chance s’offre à lui, on lui propose de prendre la défense d’un jeune noir accusé de meurtre. Seulement son client n’est pas très net et les faits ne plaident pas en sa faveur, et notre avocat va vite se rendre compte que la vérité dans cette affaire ne lui sera peut-être pas d’un grand secours…

Le point fort du roman de Peacock, en plus de décrire à merveille les rouages de la justice américaine, est de nous mettre dans la peau des avocats chargés de la défense. Et là le constat est aussi lucide qu’amer, afin de défendre au mieux leurs clients, ils ont tout intérêt à ne pas découvrir qui est coupable et qui est innocent, mais davantage de chercher à présenter aux jurés une histoire plausible ou à défaut de semer le doute parmi eux.

Personnages attachants, dialogues bien sentis, finesse de l’intrigue, si Verdict n’est pas un polar spectaculaire ni virevoltant, c’est une réussite dans ce genre à part qu’est le thriller judiciaire. En évitant tout cynisme facile, il dresse un portrait sans complaisance du milieu et du fonctionnement de la justice américaine.

Verdit, Justin Peacock, éditions Sonatine 22 €.

Rencontre avec Sophie Ladame

Rendez-vous ce Samedi 20 novembre à partir de 16h00 à la librairie L’Odyssée, pour rencontrer Sophie Ladame qui dédicacera son nouveau livre : Grisée de Mer, paru aux éditions Moéa.

Marin professionnel, dessinatrice, aquarelliste, Sophie Ladame cultive les dons et les talents tout en faisant le lien entre ses passions et son travail. Son nouveau livre, un carnet d’illustrations riche en émotions et en sensations, s’inspire de ses voyages en Bretagne nord à bord de voiliers traditionnels. En quelques pages, Sophie nous fait ressentir l’odeur du bois, la morsure du soleil, le claquement d’une voile et le bruit du vent. Elle nous embarque avec elle et nous montre la mer avec tendresse et humilité.

Profitez de son passage à la librairie pour prendre de l’avance sur vos cadeaux de Noël ! Venez nombreux !

Grisée de Mer, Sophie Ladame, éditions Moéa 38 €.