Fête de la librairie ! Un livre = une rose.

A l’occasion de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, les libraires indépendants s’unissent pour fêter La Librairie !

En partenariat avec l’association Verbes, le livre « L’éloge des cent papiers » vous sera offert pour tout achat, ainsi qu’une… rose !

Je vous donne donc rendez-vous ce samedi 23 avril pour fêter comme il se doit le livre et les librairies. Un buffet sera servi à partir de 18h et nous pourrons ainsi évoquer le prochain salon Etonnants Voyageurs auquel la librairie continue de participer activement.

Venez  nombreux !

Frédéric.

Du bon usage des étoiles

Parce qu’en cette période presque estivale il fait beau et chaud, je vais vous parler d’un roman où il fait froid, très froid, et où la glace et la neige recouvrent tout l’horizon : Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier, auteure québecoise dont c’est le premier roman, publié aux éditions de la Table Ronde.

En 1845, deux navires quittent l’Angleterre, l’Erebus et le Terror, et mettent le cap sur l’Arctique dans le but de découvrir un passage hypothétique reliant l’Atlantique au Pacifique. Tout comme pour le Titanic, point de suspense ici quant à l’issue de l’expédition : ce sera un désastre total. Les navires resteront prisonniers des glaces et tous les marins mourront affamés et littéralement gelés.

Cette sinistre aventure tient à la fois de la farce et de la tragédie. L’expédition est mal préparée, tant sur le plan humain que matériel. Les décisions sont mauvaises et les choix douteux, les techniques d’orientation et de navigation sont encore balbutiantes, approximatives. Victimes d’une amirauté orgueilleuse, pas moins de 129 hommes périrent au final.

L’immense Dan Simmons avait déjà traité de cette expédition avec son roman Terreur (disponible en pocket), mais d’une manière plus dense et descriptive, et surtout empreinte de mystère et de fantastique. Le livre de Dominique Fortier est moins approfondi mais il n’en demeure pas moins excellent pour autant. Au contraire même, le style élégant et sobre, l’alternance entre les différents points de vue et protagonistes, l’ajout de documents authentiques, tout confère à une immersion rapide et tenace. En peu de mots, mais parce qu’ils sont sans doute bien choisis, Dominique Fortier nous décrit la lente agonie de cette expédition, la déchéance des hommes qui sombrent peu à peu dans le doute, la peur, la folie, et qui pourtant et avec dignité meurent en héros. Tandis qu’en Angleterre, bien au chaud dans les salons victoriens, les femmes des officiers trouvent le temps long, puis s’inquiètent et finalement s’angoissent.

Je vous recommande fortement Du bon usage des étoiles. Ce roman n’a pas la prétention d’être une oeuvre documentaire et historique. C’est un voyage littéraire plein de charme au bout de nulle part, là où tout est blanc, à perte de vue, à l’infini.

Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier, éditions de La Table Ronde 20 €.

Marée noire

Marée noire est un polar magistral, d’autant plus bluffant qu’il s’agit d’un premier roman. Retenez bien le nom de l’auteur : Attica Locke, une scénariste et enseignante américaine installée à Los Angeles.

Jay Porter est un avocat noir au passé militant, ce qui lui a laissé notamment un casier judiciaire. Une épreuve et un fardeau lorsqu’on vit en plein coeur du Texas dans les années 80. Ce qui l’oblige à se tenir à carreau et le plus loin possible des embrouilles. Aussi quand il vient au secours d’une jeune femme blanche suite à un échange de coups de feu, Jay sait tout de suite qu’il a mis les pieds là où il ne fallait pas. Pourtant c’est plus fort que lui, Jay décide d’en savoir plus et se rend  sur les lieux du crime. Et c’était bien la dernière des choses à faire, surtout lorsqu’on a une femme enceinte jusqu’au coup, un beau-père pasteur embarqué dans une grève qui risque de mettre le feu à la ville, et une relation ambiguë avec la Maire en personne.

Sur fond de lutte afro-américaine pour les droits civiques, de corruption politique et de magouilles pétrolifères, Marée noire est un polar qui se hisse au niveau des plus grands auteurs du genre. On pense entre autre au Pays à l’Aube de Dennis Lehane. Servi par une écriture exemplaire, des retours en arrière judicieux, une ambiance ensorcelante, un suspense maîtrisé du début à la fin, Marée noire impressionne et procure un grand plaisir de lecture. A découvrir absolument !

Marée noire, Attica Locke, Gallimard Série Noire 21 €.