Requins d’eau douce

Lukastik est inspecteur principal à la brigade criminelle de Vienne, Autriche. Solitaire et vieux garçon, il est méticuleux et perfectionniste. Il aime son travail mais il garde le sens de la famille. Il vit toujours chez ses parents et ne rate jamais un dîner en leur compagnie (une soupe et rien d’autre).

Lukastik aime Wittgenstein (1889-1951), et se promène toujours avec son oeuvre majeure : le Tractatus logico-philosophicus, qui comme son nom l’indique traite de… logique et  philosophie, merci à ceux qui suivent.

Lukastik n’a pas d’amis. Il abhorre ses collègues (qui ne sont pas en reste à son égard), et maltraite son commissaire, lequel prend sur lui car tout de même, les résultats sont là.

Lukastik aime relever les défis de la logique (voir plus haut), aussi lorsqu’un cadavre dévoré par un requin est retrouvé dans une piscine au sommet d’un immeuble, il ne se laisse pas démonter (surtout par une prothèse auditive, lisez vous comprendrez).

Lukastik a un drôle de nom et n’attache pas une grande importance à la discipline et aux protocoles d’enquête. Les témoins, les suspects, tout cela est bien relatif.

Lukastik aime beaucoup sa soeur et vous souhaite une bonne année 2012 !

Requins d’eau douce, Heinrich Steinfest, Folio Policier à 7.30 €.

Il est encore temps !

Dernière ligne droite avant Noël !

C’est l’occasion de faire un rappel sur les incontournables de cette fin d’année.

En littérature, vous le savez sans doute, mes grands coups de coeur sont Famille modèle d’Eric Puchner (Albin Michel), un roman aussi jubilatoire qu’émouvant, mais aussi Stoner, la perle de l’année publiée aux éditions du Dilettante, admirablement traduit par Anna Gavalda (eh oui !). Vous pouvez compter aussi sur Le rêve du celte, de Mario Vargas Llosa (Gallimard), un formidable roman d’aventures qui traite à la fois de la colonisation du Congo par les belges, et de la question de l’indépendance irlandaise. Une biographie romancée réellement passionnante ! Et pour finir l’année en beauté, laissez-vous charmer par Les oreilles de Buster, de la suédoise Maria Ernestam (Gaïa). Une vraie boîte à trésors, remplie de surprises, un roman trompe l’oeil haletant et un rien grinçant !

En polar je ne reviendrai pas sur Miséricorde du danois Jussi Adler Olsen (Albin Michel), ni sur Toi seul de David Rosenfelt, et encore moins sur Un père idéal de Paul Cleave, vous n’aviez qu’à vous inscrire sur ce blog ! En revanche je ne vous ai pas encore parlé de l’excellent Satori, de Don Winslow, un polar teinté d’espionnage qui se passe en 1952 au coeur de la Chine maoïste (Lattès) ! Voilà qui est fait.

Pour les bandes dessinées, la très bonne surprise de cette fin d’année est sans conteste le deuxième tome de Quai d’Orsay (Dargaud) des compères Blain et Lanzac. Le premier tome était très bon, mais le deuxième… ah là là les mots me manquent ! C’est drôle, juste, délirant et sérieux à la fois, énorme et anthologique. Le monde se divise en deux : ceux qui ont lu Quai d’Orsay, et les autres. Sinon vous ne rêvez pas, le deuxième tome de Sasmira par Vicomte (Glénat) est lui aussi sorti. L’arlésienne de la bande dessinée, pensez-donc, il aura fallu attendre 14 ans ! Heureusement que le tome 2 est à la hauteur du premier ! Autres incontournables, le Portugal de Pedrosa (Dargaud), un voyage intimiste riche en émotions, et les Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (Delcourt), un peu facile mais toujours aussi savoureux.

Dans les beaux-livres, La Bretagne des photographes (Presses universitaires de Rennes) est une réussite. Un voyage dans l’histoire de la photographie, avec des reproductions magnifiques allant du milieu du XIXème siècle jusqu’à nos jours. Une merveille et un travail exceptionnel.

N’oubliez pas la librairie est ouverte tous les jours en décembre (hormis le 25 bien-sûr).

Je vous souhaite à toutes et à tous un joyeux Noël et de très bonnes fêtes !

Frédéric.

Les oreilles de Buster, Maria Ernestam, éditions Gaïa 24 €.

Quai d’Orsay Tome 2, Lanzac et Blain, Dargaud 16.95 €.

La Bretagne des photographes, la construction d’une image de 1841 à nos jours.

Alain Croix, Didier Guyvarc’h et Marc Rapilliard, éditions Presses Universitaires de Rennes 54 €.

Deux thrillers efficaces !

Pour celles et ceux qui veulent leur dose de suspense sans plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, voici deux très bons thrillers qui vous changeront les idées sans trop vous donner mal à la tête. Pas de révolution littéraire en perspective, juste un plaisir coupable à tourner les pages.

Tout d’abord retrouvons l’auteur Néo-Zélandais Paul Cleave, qui nous avait séduit l’année dernière avec Un employé modèle (ou comment un tueur en série se faisait passer pour un attardé mental afin de narguer la police). Il nous revient en force avec Un père idéal. Cette fois-ci le narrateur est le fils d’un tueur de prostitués qui a défrayé la chronique lorsqu’il était enfant. Alors qu’il avait plus ou moins réussi à tirer un trait sur ce terrible héritage familial, voilà que sa propre femme se fait subitement assassiner. Au comble du désarroi il décide de rendre visite à son père toujours en prison, qui ne tardera pas à lui prodiguer quelques conseils…

Plus sérieux que son premier roman (malgré la couverture et le résumé du livre), un poil plus sombre aussi, Un père idéal confirme le talent de Paul Cleave à tenir en haleine le lecteur et à se jouer des codes du thriller.

Un père idéal, Paul Cleave, éditions Sonatine 22 €.

Ancien directeur de marketing d’un grand studio de cinéma américain, David Rosenfelt signe avec Toi seul un premier polar à la sauce Harlan Coben très réussi. Un haut cadre d’entreprise, veuf inconsolable, rencontre un soir de réveillon un inconnu qui lui glisse à l’oreille qu’il vient de tuer une femme, en précisant l’endroit où le corps est enseveli. Pour Tim Wallace c’est le début des ennuis lorsqu’il tente de connaître la vérité, d’autant que la police le soupçonne toujours d’avoir assassiné sa femme et d’avoir maquillé le meurtre en accident.

Il n’y a pas à dire, Toi seul est un thriller épatant qui fonctionne du début à la fin. On marche les yeux fermés, on court même !

Toi seul, David Rosenfelt, éditions Cherche-midi 20 €.