Chroniques de Jérusalem

Le dessinateur québécois Guy Delisle, qui puise l’inspiration dans son expérience, vient de publier les Chroniques de Jérusalem. Accompagnant sa femme qui part pour un an à Jérusalem pour le compte de Médecins Sans Frontières, il décide comme dans sa précédente BD, Chroniques Birmanes, de raconter son quotidien.

Avec le recul de celui qui observe sans s’engager, Guy Delisle oscille entre agacement, émerveillement et découverte d’un univers pour le moins dépaysant. Peu à peu, au gré des rencontres et des évènements, l’auteur ne cache pas son incrédulité face au chaos politique et religieux qui règne en Israël. Entre les partages de territoires plus absurdes les uns que les autres, les parties de la ville qu’il faut éviter tel ou tel jour en raison des fêtes religieuses, les innombrables checkpoints de l’armée et les interrogatoires sans fin à l’aéroport, l’expérience s’avère pleine de surprises mais aussi de petites galères qui pourraient vite dégénérer à cause de la paranoïa ambiante. A travers des petites scénettes propres au style « blog » qui le caractérise, Guy Delisle, tout en gardant sa neutralité et une certaine distance, nous dresse un état des lieux plutôt sans espoir de la région, où tout est fait pour humilier l’autre, reléguant la paix à un lointain concept abstrait. Et au passage, l’auteur n’oublie pas d’épingler ici ou là les petits travers des personnes qu’il croise, les locaux comme les expatriés, en commençant par lui-même !

Malgré parfois une certaine naïveté (qui cela dit fait du bien !) et un ton un brin pédagogique, ces Chroniques de Jérusalem sont drôles, enrichissantes, instructives, inquiétantes et tendres, humaines tout simplement. Les anecdotes sont savoureuses, la mise en scène quant à elle est subtile, et le dessin qui n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, capte bien la magie de certains lieux et le cocasse des situations.

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, éditions Delcourt 25 €.

Sophie Ladame en dédicace le 12 novembre 2011

Certains d’entre vous ont sans doute regardé le très beau portrait de Sophie Ladame, diffusé hier soir dans le magazine Thalassa sur France 3.

Afin de fêter l’évènement comme il se doit, Sophie sera donc de retour à la librairie samedi prochain, le 12 novembre 2011 à partir de 17h30 pour dédicacer son livre « Grisée de Mer » paru aux éditions Moéa, mais aussi rencontrer son public autour d’un buffet et partager ses passions !

Venez nombreux, pensez aux cadeaux de Noël et n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez réserver des exemplaires.

    

Grisée de Mer, Sophie Ladame, éditions Moéa 38 €.

Miséricorde

Miséricorde est un thriller… danois !

Encore un polar scandinave me direz-vous ?

Désolé, ce n’est pas très original, j’en suis conscient… Mais celui-là était encore une fois très attirant.

L’histoire en quelques mots : Carl Morck est un superflic sur le déclin. Détesté par ses collègues pour son caractère et son franc-parler, il devient plus encombrant qu’autre chose. Sa hiérarchie décide de l’installer à la tête d’un département « placard », où il sera chargé aux frais des contribuables de résoudre des enquêtes inachevées, les fameux « cold case ». Avec son coéquipier improvisé, un syrien au passé plus que flou engagé à l’origine pour faire le ménage, Carl Morck va mettre les pieds dans un dossier troublant : la disparition il y a 5 ans d’une célébrité de la politique, Merete Lynggaard, volatilisée lors d’un voyage en ferry. Pas de mobile, pas de témoin, pas d’arme du crime et encore moins de corps… Mais qu’est-il donc arrivé à Merete Lynggard ? Et surtout, se peut-il qu’elle soit encore en vie ?

Avec Miséricorde, Jussi Adler Olsen (entraînez-vous à prononcer son nom, on risque d’en reparler) réussit l’alchimie du thriller sans fautes : une bonne intrigue, un duo d’enquêteurs attachants, un peu d’humour nordique et juste ce qu’il faut de décalage. On peut bouder son plaisir en regrettant parfois un manque de crédibilité et peut-être quelques facilités, mais tout de même Miséricorde est un thriller de très bonne facture, qui remplit son contrat haut la main : tenir en haleine et divertir !

Il n’y a plus qu’à espérer de prochains épisodes, car les personnages ont du potentiel.

Miséricorde, Jussi Adler Olsen, éditions Albin Michel 22.50 €.