La main d’Iman

Au coeur de l’Afrique d’aujourd’hui, dans un pays contaminé par la religion et la corruption, plusieurs protagonistes aux parcours très différents tentent de maîtriser leur destin. Du garçon exploité qu’on jette comme un objet périmé, à la femme prisonnière de sa foi en passant par la jeune fille déterminée à s’en sortir, tous vont graviter autour d’un même soleil, le jeune Iman, qui se consume en rêvant d’un ailleurs à la fois lointain et presque à portée de main.

Roman malin et habile, captivant et toujours surprenant, La main d’Iman est une épopée intimiste sur l’Afrique contemporaine, centrée sur des personnages d’une profonde humanité, dont les contradictions cachent des blessures insurmontables.

En découvrant Ryad Assani-Razaki, écrivain originaire du Bénin, on pense d’emblée au meilleur de Le Clézio, rien de moins.

L’auteur sera présent cette année au salon Etonnants Voyageurs sur le stand Liana Levi !

La main d’Iman, Ryad Assani-Razaki, éditions Liana Levi 20.50 €.

3 minutes 33 secondes

Ils sont trois musiciens de jazz. Il y a d’abord Sid le contrebassiste, qui sera le porte-parole de cette histoire incroyable, et Chip le batteur, son ami d’enfance, qui refuse d’être sérieux et de dire son deuxième prénom. Mais il y a surtout Hiero, un jeune trompettiste au talent immense, un diamant à l’état pur, dont le jeu retourne l’âme.

Nous sommes en 1940, d’abord à Berlin dont ils seront chassés, puis à Paris, à la recherche du mythique Armstrong, qui souhaiterait les rencontrer et jouer avec eux. Mais ces trois là n’ont pas la bonne couleur de peau, et pour Hiero c’est pire que tout : il est allemand.

Et pourtant… Enregistré avec trois bouts de ficelle, dans un endroit secret, derrière d’épais rideaux, dans la peur, la poussière, la faim et le refus d’un monde qui se dessine, un morceau de trois minutes va surgir, comme un cri du coeur jeté à la face de la terreur. Sauvé in extremis de la destruction, ce disque inachevé ressortira de l’oubli des années plus tard et bouleversera le monde de la musique. Il deviendra tout simplement un classique.

Seulement derrière l’histoire de ce morceau se cache une tragédie où il est question d’amour, de jalousie, de lâcheté et de trahison. Des choses qu’il n’est pas bon de remuer cinquante ans plus tard.

Entre fiction et réalité, récit d’une alchimie musicale aux parfums dramatiques, 3 minutes 33 secondes est un roman alerte et drôle, qui swingue entre blues et jazz. On en ressort comme étourdi, avec en mémoire l’écho d’une trompette déchirant le silence de la nuit, mélodie mélancolique aux notes tour à tour magnifiques et amères.

3 minutes 33 secondes (traduit de l’anglais), Esi Edugyan, éditions Liana Levi 22 €.

A la recherche de la reine blanche

Peter a six ans. Il aime dessiner des dragons très dangereux, grimper sur le porte-bagages de son papa pour sillonner les rues de Copenhague, s’endormir bercé par des histoires de créatures magiques. Rien de bien étonnant pour un garçon de son âge. Mais Peter ne va pas à l’école, sa chambre tient dans un sac à dos et il suit son père de déménagement en déménagement, fuyant sans doute quelque chose, quelqu’un peut être…

Non non, ceci n’est pas le résumé d’un livre pour enfant, il s’agit bien là d’un roman danois tout dernièrement paru aux éditions Denoël.

A la recherche de la reine blanche est en fait la tendre histoire d’un père et de son fils, une odyssée sauvage terriblement touchante et sensible. Jonas Bengtsson nous parachute habilement entre un mystérieux passé et l’incertitude des années à venir. Nos interrogations nous transportent page après page, aux côtés de Peter et de son père, cet homme capable du meilleur comme du pire. Au gré de rencontres inquiétantes mais aussi de fraîches embardées amoureuses, laissez vous mener vers un dénouement qui, à coup sûr, vous donnera l’envie de relire certaines pages…

A la recherche de la reine blanche, Jonas T. Bengtsson, éditions Denoël 24 €.