Prix Goncourt 2020 : L’Anomalie

Avec plusieurs semaines de retard en raison du (re)confinement, le prestigieux Prix Goncourt récompense ce jour L’Anomalie d’Hervé Le Tellier, publié aux éditions Gallimard.

Félicitations donc à l’auteur de ce passionnant roman, profondément divertissant mais aussi étrange qu’inquiétant ! Dans l’Anomalie, ce qui devait être un simple vol Paris New-York se transforme en une quête haletante d’une vérité inimaginable, où s’entremêle questionnement autour du destin, de la gémellité et de l’identité. A l’aide d’une narration habile et maligne, Hervé Le Tellier surprend le lecteur et l’emmène là où il ne s’y attend pas, dans un territoire obscur et flou, qui nous transporte directement (pour ceux qui l’ont connu) vers la série la Quatrième Dimension (The Twilight Zone en anglais) version noir et blanc.

Un Prix Goncourt futé qui se dévore donc comme une excellente série télévisée. Une consécration qui vient sans doute répondre à une envie de s’évader, sans pour autant laisser de côté le talent, l’intelligence et la réflexion. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Frédéric

L’Anomalie, Hervé Le Tellier, Prix Goncourt 2020, Gallimard 20 €

Nature humaine

Heureux lauréat du Prix Femina 2020, Serge Joncour signe un grand roman rural qui brosse avec brio les métamorphoses de la société française de la fin du XXème siècle.

A travers le regard et les tribulations d’Alexandre, un agriculteur du Sud-ouest de la France, l’écrivain nous fait revivre les saisons, de la canicule de l’été 1976 à la tempête de 1999 mais aussi l’angoisse du temps qui passe, des mutations qui nous échappent et du fameux passage à l’an 2000.

Dans ce beau roman militant, Serge Joncour retrace l’histoire économique, sociale et politique d’une France révolue et que l’on sait aujourd’hui assujettie à ces choix du passé. L’institution de l’agriculture intensive et la froide mise aux pas des petits agriculteurs pour coller à l’industrialisation alimentaire. Le célébrissime combat pour le Larzac et la lutte anti-nucléaire. L’arrivée des poteaux téléphoniques et la construction d’énormes autoroutes au milieu des champs. L’élection d’un président de gauche. La catastrophe de Tchernobyl.

Autant d’événements que l’auteur traite toujours avec un regard désabusé mais tendre.

Solène.

Nature humaine, Serge Joncour, éditions Flammarion 21 €

P.S : Nous ouvrons désormais du mardi au samedi inclus de 10h à 13h et de 14h à 16h pour les retraits des commandes et des réservations. Si vous souhaitez récupérer vos livres en dehors de ces horaires, c’est possible, il suffit juste de nous prévenir un peu à l’avance !

Merci à Solène, notre nouvelle et joyeuse apprentie, pour son premier coup de coeur sur le blog de la librairie !

La citation du jour :

« Ce que serait un monde sans livres, nous ne le savons pas. L’idée qu’en donne Mil neuf cent quatre-vingt-quatre n’incite pas à le regretter. Mais nous savons désormais ce qu’est un pays sans librairies, ou du moins dont les librairies sont fermées […] Aujourd’hui mieux que jamais : rien ne paraît aussi indispensable et urgent qu’un livre désiré mais inaccessible ; rien ne remplace le plaisir de trouver en rayon le livre que l’on cherchait si ce n’est le plaisir d’en trouver un que l’on ne cherchait pas ; tous les acteurs de la chaîne du livre, de l’auteur au lecteur, sont dans le même bateau, et c’est un frêle esquif. »

Edito de la Lettre de la Pléiade n°67

Garder le cap !

Il y a une semaine nous devions fermer la librairie suite aux décisions gouvernementales encadrant ce second confinement. Nous avons immédiatement mis en place le « click and collect », c’est à dire la possibilité de retirer des commandes passées par mail ou téléphone. Vous pouvez venir les retirer à la librairie le matin de 10h à 13h du mardi au samedi inclus. Nous sommes joignables par téléphone aux mêmes horaires.

Comme vous le savez, nous n’avons pas le droit de vous laisser entrer librement dans la librairie. C’est un crève-coeur de vous refuser l’accès aux livres, nous qui aimons tellement vous voir vous promener parmi nos sélections et nos coups de cœur. A moins de deux mois de Noël, alors que la librairie est pleine à craquer, nous sommes un peu sonnés par tout ça, on ne va pas s’en cacher. Mais vous savez quoi ? On ne va pas se laisser aller, et surtout on ne va pas vous laisser tomber !

Et s’il faut vous conseiller par téléphone, par mail, par vidéo ou par petits mots glissés sous la porte, nous le ferons ! On sera là quand il le faudra et on vous livrera s’il le faut. Mais on ne bricolera pas un site internet en 3 jours et on ne se reconvertira pas en postier. Nous voulons continuer à échanger et à discuter, à rire entre deux rafales de vent à la porte de la boutique, à profiter de la force de ce lieu magique qu’est une librairie. Nous voulons croire que toute cette folie n’est que temporaire, qu’elle n’a pas vocation à devenir pérenne.

Contrairement en mars dernier, la chaîne du Livre ne s’est pas arrêtée et c’est une chance dont il nous faut profiter. Nous pouvons commander n’importe quel livre alors n’hésitez pas à demander à vos proches leurs souhaits pour Noël ! Nous sommes bien-sûr largement dans les temps, mais nous devons nous méfier des stocks. Vu le contexte et la période, un éditeur y réfléchira à deux fois avant de réimprimer un livre ou une bande dessinée ! Alors, à vos listes !

Et ça tombe bien, cette semaine nous ne nous sommes pas ennuyés à la librairie, nous avons été ensevelis par une avalanche de cartons et de nouveautés ! L’Arabe du Futur tome 5, Les Vieux Fourneaux tome 6 pour la bande dessinée notamment, Camilla Läckberg pour le roman policier et le nouveau Philip Kerr, Metropolis ! (Bon celui-là on ne l’a pas reçu, notre représentante nous a fait une petite blague, mais on espère l’avoir demain par transporteur express!) Mais aussi en poche le dernier roman de Carlos Ruiz Zafon (faites confiance à Fanny, vous ne le regretterez pas !)

Et la semaine dernière, un jour avant le confinement, c’était le tant attendu 10ème tome de l’Epervier qui sortait…

Lundi le Prix Fémina a été décerné à Serge Joncour, pour son roman Nature Humaine chez Flammarion. C’est le coup de cœur de notre nouvelle apprentie Solène, elle vous a préparé un petit texte que vous découvrirez bientôt ! Fanny quant à elle vous conseille La vie joue avec moi, le nouveau roman de David Grossman, ce grand auteur israélien récompensé en 2011 par le Prix Médicis étranger. De mon côté, j’ai succombé au magnifique roman de Richard Russo, Retour à Martha’s Vineyard… Mais chut, c’est encore un secret !

A très bientôt !

Frédéric et toute l’équipe de L’Odyssée.