Fermeture exceptionnelle de la librairie

Chères clientes, chers clients,

En raison de la crise sanitaire en cours, la librairie est fermée au moins jusqu’à la mi-avril. Ce n’est pas un choix mais une obligation qui semble nécessaire pour notre santé, la vôtre et celle de nos proches. C’est avec une réelle tristesse, et je ne vais pas vous le cacher, une certaine angoisse que je me dois de respecter les consignes de notre gouvernement. Mais il n’y a pas à tergiverser.

Je réfléchis posément à trouver des solutions pour que le lien avec vous continue d’exister au quotidien, comme bon nombre de mes collègues libraires à travers tout le pays. Mais au vu de la situation actuelle, il me paraît prématuré d’enclencher des actions qui peuvent être irresponsables et mettre en péril l’effort collectif. Les consignes sont claires, éviter tout déplacement.

Alors écoutons la parole des professionnels de santé et prenons notre mal en patience.

De mon côté, je ne manquerai pas de vous faire part de nos lectures et de nos coups de coeur. Je reste disponible pour toutes questions ou échanges uniquement par mail à l’adresse de la librairie : librairie.odyssee@gmail.com

Vous pouvez continuer à nous passer des commandes, elles seront servies dès la réouverture de la librairie. Nous pouvons bien-sûr vous mettre des livres que nous avons en stock de côté. Quant aux commandes en cours, elles sont évidemment gardées jusqu’à la fin du confinement. Mais si vous souhaitez en annuler certaines, ce n’est pas un souci, un simple mail suffira.

Je garde pour horizon la ré-ouverture prochaine de la librairie, qui a fêté l’année dernière en toute discrétion ses 35 années d’existence, dont 10 cette année depuis la reprise en 2010.

Nous serons alors heureux, Fanny, Anna et moi, de vous accueillir à nouveau avec bonne humeur et des lectures plein la tête !

D’ici là prenez soin de vous et de vos proches, et n’hésitez pas à vous réfugier au coeur d’un bon livre.

Je vous dis à très bientôt,

Frédéric

La Soustraction des Possibles

C’est peut-être à cette époque-là que tout a commencé.

C’était il y a 30 ans, mais c’est maintenant.

En 1989, tandis qu’internet et la révolution numérique couvaient et que le Mur de Berlin s’écroulait. Ou plutôt c’est peut-être à cette époque-là que tout s’est joué, quand le monde a changé. La mutation d’une économie reine à une finance toute puissante, brutale et inhumaine. Lorsque nous avons plongé dans l’argent facile, les transactions à la nano-seconde, le blanchiment d’argent à grande échelle, la fraude fiscale mondialisée. Bienvenue dans notre monde désormais.

Et au centre de tout ça, Wall-Street ? Paris ? Londres ?

Non, pas tout à fait. Tout s’est développé, concentré, diffusé à partir d’un tout petit pays, fait de lacs et de montagnes : La Suisse.

Dans la Soustraction des Possibles, Joseph Incardona (suisse, justement) nous livre une saga nerveuse et hallucinée. On y croise des personnages que l’argent fascine, attire, corrompt. Jusqu’à perdre pied avec la réalité, jusqu’à prendre des risques inconsidérés. Et pourtant c’est prouvé, plus on gagne d’argent, moins on en ressent les effets. Un professeur de tennis gigolo à ses heures perdues et une jeune banquière aux dents longues pensent pouvoir accéder à cet univers doré, à ce mirage de l’argent sans limites. Une revanche sur la vie en quelque sorte. C’est oublier d’où on vient. Et c’est oublier d’où il vient, cet argent. Car derrière chaque billet, il y a la drogue, la mafia corse, le trafic d’oeuvres d’art, les magouilles boursières, les oligarques russes. Comme disait Balzac, derrière chaque fortune il y a un crime.

Grand Prix de Littérature Policière en 2015 pour son extraordinaire roman Derrière les panneaux il y a des hommes, Joseph Incardona franchit cette fois le mur du son avec un livre d’une folle énergie, à la narration sans pareille, virevoltant et d’une audace rare.

Mais l’auteur vous prévient dès le début, tout ça au fond, n’est qu’une histoire d’amour.

La Soustraction des Possibles, Joseph Incardona, éditions Finitude 23,50 €

Lulu, fille de Marin… Rencontre avec Alissa Wenz le samedi 9 novembre.

C’est l’histoire d’une enfant qui guette le retour de son père parti à Terre-Neuve.

C’est l’histoire d’une femme qui connaîtra la guerre puis dont le mari sera pilote.

C’est l’histoire d’une grand-mère qui raconte.

C’est une histoire de femmes, de filles, de mères, de petites-filles.

Mais c’est aussi une histoire d’attente, de silence, une histoire de mots.

Lucienne est née à Plouër-sur-Rance et c’est à sa petite fille, Alissa Wenz, qu’elle raconte par morceaux ce que fut sa vie, son enfance, sa guerre, son mariage. Au gré des souvenirs qui lui reviennent, elle nous dresse avec une étonnante lucidité le portrait d’une France rurale archaïque, pourtant pas si lointaine, où les femmes n’avaient pas d’autres choix que d’être épouse et mère. Sans concession mais sans rancune, avec le courage et l’assurance de celles qui ont fait serment de fidélité, Lucienne dite Lulu nous livre sa vie tout à la fois humble et magnifique.

Dans ce texte pudique et tendre, Alissa Wenz fait preuve d’une grande acuité. Sans jamais dénaturer les paroles de sa grand-mère, elle nous livre sa propre voix, précise et moderne. Et ce sont ces deux voix justement, celle d’une grand-mère et d’une petite-fille, qui font toute l’authenticité et la force de ce merveilleux récit.

En Bretagne, ma grand-mère Lulu, fille de marin, voyage encore la nuit est un texte remarquable, de la première à la dernière page on est saisi et ému par cette vie si profondément ancrée dans la Bretagne et le XXème siècle.

Alissa Wenz nous présentera son livre à la librairie le samedi 9 novembre à partir de 19h. La rencontre sera suivi d’une séance de dédicace et d’un apéritif.

Si vous souhaitez assister à la soirée, merci de vous inscrire par mail ou par téléphone afin que nous vous gardions une place.

A très bientôt donc !

Frédéric

En Bretagne, ma grand-mère, Lulu, fille de marin, voyage encore la nuit, Alissa Wenz, éditions Henry Dougier 14 €