Mécanique de la Chute

Jay Gladstone est millionnaire. Il est l’héritier d’un empire immobilier à New-York qui a fructifié pendant deux générations. Homme de pouvoir, il s’efforce toujours de paraître sous son meilleur jour, de faire honneur à son nom et à sa religion. Et surtout il aime maîtriser son image, pas d’écarts ni de scandales. C’est un habitué des oeuvres caritatives, il aime serrer des mains, particulièrement celle du Président.

Pourtant Jay Gladstone a des soucis.

Son basketteur vedette (car oui, il possède une équipe) montre des signes de faiblesse, ce qui ne l’empêche pas de lui réclamer un nouveau contrat à 20 millions de dollars. Sa femme veut un enfant, son mariage bat de l’aile, sa fille le déteste et son cousin détourne de l’argent en toute impunité. Et parce que Jay est sympathique, on ne parlera pas de sa prostate.

Alors Jay commence gentiment à fatiguer. Il décide un jour de rentrer plus tôt d’un voyage d’affaires.

Ce n’était vraiment pas une bonne idée.

L’actualité nous le montre chaque semaine, dans notre monde moderne nul est à l’abri. Homme politique, grand patron, sportif, les chutes sont rapides et douloureuses. On a beau s’accrocher, se défendre, ne rien lâcher, on finit par y passer. Vitesse de l’information, lynchage numérique, tout s’accélère et se transforme en une spirale infernale. Et quand le sexe, le racisme, la religion et la politique s’en mêlent…

Seth Greenland nous livre sur ce sujet un roman flamboyant, cocasse et très facétieux. Bien que millionnaire et né avec une cuillère d’argent dans la bouche (comme disait ma grand-mère), Jay Gladstone finit par devenir malgré tout un personnage attachant et plein de contradictions. Il fallait une bonne dose de talent pour réussir ça. Nul doute que Seth Greenland n’en manque pas.

Sans doute l’un des meilleurs romans américains de cette rentrée !

P.S : argument ultime pour que vous craquiez, vous trouverez dans Mécanique de la Chute le plus désopilant des repas de famille de toute l’histoire de la littérature !

Mécanique de la Chute, Seth Greenland (traduit de l’américain par Jean Esch), éditions Liana Levi 24€

Borgo Vecchio

On entre dans ce roman comme on se perd dans une ville du sud. Au détour d’une rue, à force de lever les yeux, hypnotisé par les sons et les odeurs, on se retrouve soudain dans un enchevêtrement de ruelles, un labyrinthe inconnu. Comme un touriste égaré, nous voilà plongé au coeur d’une vie qu’on ignorait, avec ses drames, ses bruits et sa fureur.

Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura est un enchantement. Dès la première page on est enveloppé par les phrases, les mots, les sensations, comme une brume. Une brume qui a « la consistance des contes ».

Borgo Vecchio est une joyeuse et touchante galerie de personnages. Il y a les jeunes Mimmo et Cristofaro, les deux amis dont l’enfance n’est pas de tout repos. Il y a Celeste, captive du balcon de sa mère lorsqu’elle s’offre aux hommes. Mais aussi Toto le pickpocket, figure attachante et charismatique, qui court plus vite que son ombre. Et il y a même un cheval, Nanà, dont vous me direz des nouvelles.

Borgo Vecchio est un roman de quartier, où le tragique côtoie le comique, un opéra de cour d’immeuble et d’escaliers donnant sur la mer, une musique faite de vies simples mais passionnées.

Jérôme Ferrari dit : « La langue de Giosuè Calaciura est unique, objectivement unique. »

Oui Jérôme, mais elle est surtout magique.

On sourit et on rit, on rêve et on s’extasie, et à la fin on pleure. C’est un roman qui a la douceur d’une caresse mais qui vous étreint le coeur, ça vous retourne l’âme.

Borgo Vecchio, Giosuè Calaciura, magiquement traduit de l’italien par Lise Chapuis, Notabilia (éditions Noir sur Blanc), paru le 22 août 2019. 16 €

L’été, c’est tous les jours à L’Odyssée !

Saint-Malo est une fête !

C’est pourquoi nous sommes ouverts tous les jours cet été !

7/7 de 10h à 13h et de 14h à 19h. Jusqu’à 20h à partir de la mi-juillet.

Plus que jamais nous sommes heureux de vous accueillir, vous guider, vous conseiller… Une envie de rattraper le temps perdu et de se lancer dans Proust ? De se plonger dans un polar garanti 100% suspense ? De naviguer aux côtés d’un corsaire ou d’un étonnant voyageur ? Ou tout simplement le besoin de feuilleter une bande dessinée, de caresser un livre, de sentir l’odeur du papier ou de rire avec nous ?

Qu’importe, vous êtes les bienvenus et nous sommes là pour vous !

A très bientôt !

Frédéric, Fanny et Anna.