La guerre est une ruse

Confinement livre 1 : Le polar qui vous permet de penser à autre chose qu’à la fin du monde.

Lire… Tout le monde ne pense plus qu’à ça, y compris notre Président. Très bien, mais quand vous devez fermer votre librairie, mettre vos salariées en chômage partiel, gérer votre confinement et celui de vos proches, maîtriser la peur et l’angoisse qui s’installent dans le creux de votre ventre, ce n’est pas si facile de se concentrer et de lire.

Alors parmi tous les livres qui m’attendent pour ces semaines d’isolement, après avoir longtemps tournicoté comme un chat qui boude ses croquettes j’ai finalement opté pour… un polar ! Un choix judicieux, mais peut-être le fruit de mon inconscient lorsqu’on lit le titre : La guerre est une ruse. L’auteur ? Frédéric Paulin.

Allez faisons court : c’est assez exceptionnel ! La guerre est une ruse est le premier volume d’une trilogie retraçant plus de 20 ans de terrorisme en France. On commence ici en Algérie au début des années 90. Le pays est déchiré entre des généraux qui veulent le pouvoir et des islamistes… qui veulent le pouvoir. Forcément ça coince. Tedj Benlazar, agent de terrain de la DGSE, découvre que les militaires algériens jouent double jeu. En perpétuant des assassinats et des actes barbares qu’ils font passer pour des attentats islamistes, ils déstabilisent le pays et sèment le chaos à des fins partisanes. Mais pire encore est l’étape suivante : exporter la terreur au coeur même de la France.

Thriller judicieusement documenté, s’articulant autour de faits réels et malheureusement tragiques, La guerre est une ruse est une merveille de rythme et d’efficacité qui vous glace les sangs. Les personnages sont plus troubles les uns que les autres, à commencer par Benlazar, agent secret fatigué, dépressif et psychotique que sa hiérarchie ne prend pas au sérieux.

Je vous l’accorde, ce n’est pas forcément le livre le plus joyeux pour se détendre en cette période anxiogène, mais si vous aimez l’espionnage, les complots, la géo-politique, les dessous de l’Histoire, la série télé « Le bureau des légendes », et surtout si vous n’arrivez plus à lire (ou à dormir)… alors foncez !

Frédéric.

La guerre est une ruse, Frédéric Paulin, Folio Policier 8.50 €

P.S : La librairie est toujours fermée jusqu’à nouvel ordre. Nous ne faisons ni envoi ni livraison. Prenez soin de vous et restez chez vous.

Fermeture exceptionnelle de la librairie

Chères clientes, chers clients,

En raison de la crise sanitaire en cours, la librairie est fermée au moins jusqu’à la mi-avril. Ce n’est pas un choix mais une obligation qui semble nécessaire pour notre santé, la vôtre et celle de nos proches. C’est avec une réelle tristesse, et je ne vais pas vous le cacher, une certaine angoisse que je me dois de respecter les consignes de notre gouvernement. Mais il n’y a pas à tergiverser.

Je réfléchis posément à trouver des solutions pour que le lien avec vous continue d’exister au quotidien, comme bon nombre de mes collègues libraires à travers tout le pays. Mais au vu de la situation actuelle, il me paraît prématuré d’enclencher des actions qui peuvent être irresponsables et mettre en péril l’effort collectif. Les consignes sont claires, éviter tout déplacement.

Alors écoutons la parole des professionnels de santé et prenons notre mal en patience.

De mon côté, je ne manquerai pas de vous faire part de nos lectures et de nos coups de coeur. Je reste disponible pour toutes questions ou échanges uniquement par mail à l’adresse de la librairie : librairie.odyssee@gmail.com

Vous pouvez continuer à nous passer des commandes, elles seront servies dès la réouverture de la librairie. Nous pouvons bien-sûr vous mettre des livres que nous avons en stock de côté. Quant aux commandes en cours, elles sont évidemment gardées jusqu’à la fin du confinement. Mais si vous souhaitez en annuler certaines, ce n’est pas un souci, un simple mail suffira.

Je garde pour horizon la ré-ouverture prochaine de la librairie, qui a fêté l’année dernière en toute discrétion ses 35 années d’existence, dont 10 cette année depuis la reprise en 2010.

Nous serons alors heureux, Fanny, Anna et moi, de vous accueillir à nouveau avec bonne humeur et des lectures plein la tête !

D’ici là prenez soin de vous et de vos proches, et n’hésitez pas à vous réfugier au coeur d’un bon livre.

Je vous dis à très bientôt,

Frédéric

La Soustraction des Possibles

C’est peut-être à cette époque-là que tout a commencé.

C’était il y a 30 ans, mais c’est maintenant.

En 1989, tandis qu’internet et la révolution numérique couvaient et que le Mur de Berlin s’écroulait. Ou plutôt c’est peut-être à cette époque-là que tout s’est joué, quand le monde a changé. La mutation d’une économie reine à une finance toute puissante, brutale et inhumaine. Lorsque nous avons plongé dans l’argent facile, les transactions à la nano-seconde, le blanchiment d’argent à grande échelle, la fraude fiscale mondialisée. Bienvenue dans notre monde désormais.

Et au centre de tout ça, Wall-Street ? Paris ? Londres ?

Non, pas tout à fait. Tout s’est développé, concentré, diffusé à partir d’un tout petit pays, fait de lacs et de montagnes : La Suisse.

Dans la Soustraction des Possibles, Joseph Incardona (suisse, justement) nous livre une saga nerveuse et hallucinée. On y croise des personnages que l’argent fascine, attire, corrompt. Jusqu’à perdre pied avec la réalité, jusqu’à prendre des risques inconsidérés. Et pourtant c’est prouvé, plus on gagne d’argent, moins on en ressent les effets. Un professeur de tennis gigolo à ses heures perdues et une jeune banquière aux dents longues pensent pouvoir accéder à cet univers doré, à ce mirage de l’argent sans limites. Une revanche sur la vie en quelque sorte. C’est oublier d’où on vient. Et c’est oublier d’où il vient, cet argent. Car derrière chaque billet, il y a la drogue, la mafia corse, le trafic d’oeuvres d’art, les magouilles boursières, les oligarques russes. Comme disait Balzac, derrière chaque fortune il y a un crime.

Grand Prix de Littérature Policière en 2015 pour son extraordinaire roman Derrière les panneaux il y a des hommes, Joseph Incardona franchit cette fois le mur du son avec un livre d’une folle énergie, à la narration sans pareille, virevoltant et d’une audace rare.

Mais l’auteur vous prévient dès le début, tout ça au fond, n’est qu’une histoire d’amour.

La Soustraction des Possibles, Joseph Incardona, éditions Finitude 23,50 €