Un immense merci !

Un immense merci !

Pour cette journée d’hier, ce jeudi 29 octobre d’anthologie que nous ne pourrons jamais oublier, où vous êtes venus si nombreux. La preuve pour ceux qui en doutent encore que la librairie est un lieu et un commerce indispensable, particulièrement en ces temps difficiles, où privés de libertés nous sommes toutes et tous malmenés.

Cette journée fut un bain d’oxygène qui nous fera tenir jusqu’à la fin de cette crise, qui nous portera longtemps et nous donnera la force de continuer en dépit des contraintes.

Comme vous le savez sans doute, les librairies indépendantes ont reçu ordre de fermer dès hier soir. Tandis que de leur côté, Amazon, Fnac, Centre Leclerc… continuent d’accueillir du public et de vendre des livres avec la bénédiction du gouvernement.

Il nous reste le droit de pratiquer de « la vente à emporter », le fameux « click and collect » ou encore « drive ».

Nous avons décidé de mettre ce système en place dès aujourd’hui, pour que vous ne manquiez pas de lectures, et pour permettre à la chaîne du livre de continuer à fonctionner afin que les auteurs et les éditeurs ne meurent pas.

Dès à présent, vous pouvez donc réserver ou commander des livres et venir les retirer à la librairie. Malheureusement, vous ne pourrez pas vous promener dans la boutique ni venir sans avoir préalablement passé commande. Nous gardons espoir de pouvoir reprendre très vite un fonctionnement normal, en attendant c’est notre seule option pour avoir le droit d’exercer notre métier.

Pour l’instant, vous pourrez retirer vos commandes le matin de 10h à 13h du mardi au samedi inclus. Nous sommes disponibles par téléphone mais seulement à ces horaires. Vous pouvez bien sûr nous transmettre vos commandes par mail, nous vous encourageons à le faire pour des raisons pratiques.

Si vous souhaitez des retraits l’après-midi, cela est tout à fait possible mais il faut nous prévenir avant afin que nous puissions nous organiser. Il sera aussi possible de vous livrer à domicile, si cela s’avère indispensable.

En revanche, n’étant pas équipés pour la vente par correspondance, nous préférons ne pas faire d’expéditions.

Certains Prix Littéraires seront décalés en raison du confinement, mais il semble que la majorité des nouveautés programmées paraîtront aux dates prévues. N’hésitez donc pas à les réserver !

Nous vous remercions mille fois de votre compréhension, de votre fidélité et de l’attachement que vous portez à la librairie.

Bon courage à toutes et à tous,

A bientôt,

L’équipe de la Librairie L’Odyssée.

Arène

Après l’excellent « Désorientale », Négar Djavadi signe son retour avec un roman incisif et percutant, qui pose les bonnes questions et démontre habilement la complexité du monde dans lequel nous vivons.

Paris, de nos jours : le livre s’ouvre sur un règlement de compte visant un enfant aux préoccupations familiales sommaires et basiques qui dénotent tellement de ce qui va lui arriver… La puissance de ces quelques pages annonce déjà un grand roman.

Puis une banale altercation urbaine va faire s’embraser tout un quartier de l’Est parisien. Autour de cet évènement, plusieurs voix, plusieurs vies, qui cherchent toutes à se sauver d’un guet-apens déclenché par on ne sait trop quoi, on ne sait trop quand. L’auteur dévoile chaque personnage, aussi différent de son voisin soit-il, avec tant d’habileté qu’on ne peut que comprendre la logique de chaque pensée, chaque agissement, et c’est là une formidable leçon de société qui nous est donnée : chaque révolte est légitime, et rien ne semble pouvoir arrêter une machine qui s’emballe toujours plus vite.

Les mots, le style, les phrases défilent à toute allure, et le lecteur est souvent tenté de reprendre son souffle.

Désorientale était chaleureux, foisonnant et voyageur, Arène est vif, lucide, et ultra-contemporain. Deux réussites absolues pour une même grande auteure !

Fanny

Arène, Négar Djavadi, éditions Liana Levi 22 €

Les enfiévrés

Les enfiévrés : le roman qui va faire grimper votre température.

Vous reprendrez bien un peu de virus ?

Paru aux Etats-Unis en 2018, Les enfiévrés nous conte l’histoire d’un virus, d’une épidémie venue de Chine : la fièvre de Shen. Mais les symptômes sont très particuliers. Une fois infectés, les malades sont condamnés à répéter mécaniquement et à l’infini certains gestes et comportements du quotidien. Mettre la table, essayer des vêtements, faire la vaisselle… Jusqu’à l’épuisement. Tournant en boucle, les infectés finissent par mourir, par s’éteindre.

Candace Chen est une jeune New-Yorkaise d’origine chinoise. Avec beaucoup de recul et un humour vif, elle nous résume la rapide agonie de notre civilisation. Alors que tout se délite et s’effondre autour d’elle, Candace s’accroche à ce qu’elle peut : son travail, sa solitude, de vagues amis, quelques recherches Google. Tandis que la ville se vide, que ses collègues disparaissent, elle fait le bilan de sa courte vie.

Tableau d’un monde essoufflé, d’une société qui s’épuise et épuise, Les enfiévrés dresse aussi le portrait désabusé d’une génération qui court après son loyer, qui sur-consomme et s’abîme dans des relations éphémères, qui se contente d’un travail médiocre parce qu’il paye bien, une génération sous pression qui n’a ni but ni sens.

Ce roman étonnant n’est ni une prophétie ni un coup de chance et ne saurait être réduit à sa seule dimension apocalyptique. C’est une oeuvre d’une belle acuité, toute à la fois saisissante et touchante. Il met en lumière toutes les absurdités du monde dans lequel nous nous égarons.

« Nous étions des stratèges en marketing, des avocats en droit des biens, des spécialistes en ressources humaines, des conseillers financiers. Ne sachant rien faire, nous avions tout cherché sur Google. »

Les enfiévrés, habilement traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Juliette Bourdin, Mercure de France 23.80 €