Garder le cap !

Il y a une semaine nous devions fermer la librairie suite aux décisions gouvernementales encadrant ce second confinement. Nous avons immédiatement mis en place le « click and collect », c’est à dire la possibilité de retirer des commandes passées par mail ou téléphone. Vous pouvez venir les retirer à la librairie le matin de 10h à 13h du mardi au samedi inclus. Nous sommes joignables par téléphone aux mêmes horaires.

Comme vous le savez, nous n’avons pas le droit de vous laisser entrer librement dans la librairie. C’est un crève-coeur de vous refuser l’accès aux livres, nous qui aimons tellement vous voir vous promener parmi nos sélections et nos coups de cœur. A moins de deux mois de Noël, alors que la librairie est pleine à craquer, nous sommes un peu sonnés par tout ça, on ne va pas s’en cacher. Mais vous savez quoi ? On ne va pas se laisser aller, et surtout on ne va pas vous laisser tomber !

Et s’il faut vous conseiller par téléphone, par mail, par vidéo ou par petits mots glissés sous la porte, nous le ferons ! On sera là quand il le faudra et on vous livrera s’il le faut. Mais on ne bricolera pas un site internet en 3 jours et on ne se reconvertira pas en postier. Nous voulons continuer à échanger et à discuter, à rire entre deux rafales de vent à la porte de la boutique, à profiter de la force de ce lieu magique qu’est une librairie. Nous voulons croire que toute cette folie n’est que temporaire, qu’elle n’a pas vocation à devenir pérenne.

Contrairement en mars dernier, la chaîne du Livre ne s’est pas arrêtée et c’est une chance dont il nous faut profiter. Nous pouvons commander n’importe quel livre alors n’hésitez pas à demander à vos proches leurs souhaits pour Noël ! Nous sommes bien-sûr largement dans les temps, mais nous devons nous méfier des stocks. Vu le contexte et la période, un éditeur y réfléchira à deux fois avant de réimprimer un livre ou une bande dessinée ! Alors, à vos listes !

Et ça tombe bien, cette semaine nous ne nous sommes pas ennuyés à la librairie, nous avons été ensevelis par une avalanche de cartons et de nouveautés ! L’Arabe du Futur tome 5, Les Vieux Fourneaux tome 6 pour la bande dessinée notamment, Camilla Läckberg pour le roman policier et le nouveau Philip Kerr, Metropolis ! (Bon celui-là on ne l’a pas reçu, notre représentante nous a fait une petite blague, mais on espère l’avoir demain par transporteur express!) Mais aussi en poche le dernier roman de Carlos Ruiz Zafon (faites confiance à Fanny, vous ne le regretterez pas !)

Et la semaine dernière, un jour avant le confinement, c’était le tant attendu 10ème tome de l’Epervier qui sortait…

Lundi le Prix Fémina a été décerné à Serge Joncour, pour son roman Nature Humaine chez Flammarion. C’est le coup de cœur de notre nouvelle apprentie Solène, elle vous a préparé un petit texte que vous découvrirez bientôt ! Fanny quant à elle vous conseille La vie joue avec moi, le nouveau roman de David Grossman, ce grand auteur israélien récompensé en 2011 par le Prix Médicis étranger. De mon côté, j’ai succombé au magnifique roman de Richard Russo, Retour à Martha’s Vineyard… Mais chut, c’est encore un secret !

A très bientôt !

Frédéric et toute l’équipe de L’Odyssée.

Un immense merci !

Un immense merci !

Pour cette journée d’hier, ce jeudi 29 octobre d’anthologie que nous ne pourrons jamais oublier, où vous êtes venus si nombreux. La preuve pour ceux qui en doutent encore que la librairie est un lieu et un commerce indispensable, particulièrement en ces temps difficiles, où privés de libertés nous sommes toutes et tous malmenés.

Cette journée fut un bain d’oxygène qui nous fera tenir jusqu’à la fin de cette crise, qui nous portera longtemps et nous donnera la force de continuer en dépit des contraintes.

Comme vous le savez sans doute, les librairies indépendantes ont reçu ordre de fermer dès hier soir. Tandis que de leur côté, Amazon, Fnac, Centre Leclerc… continuent d’accueillir du public et de vendre des livres avec la bénédiction du gouvernement.

Il nous reste le droit de pratiquer de « la vente à emporter », le fameux « click and collect » ou encore « drive ».

Nous avons décidé de mettre ce système en place dès aujourd’hui, pour que vous ne manquiez pas de lectures, et pour permettre à la chaîne du livre de continuer à fonctionner afin que les auteurs et les éditeurs ne meurent pas.

Dès à présent, vous pouvez donc réserver ou commander des livres et venir les retirer à la librairie. Malheureusement, vous ne pourrez pas vous promener dans la boutique ni venir sans avoir préalablement passé commande. Nous gardons espoir de pouvoir reprendre très vite un fonctionnement normal, en attendant c’est notre seule option pour avoir le droit d’exercer notre métier.

Pour l’instant, vous pourrez retirer vos commandes le matin de 10h à 13h du mardi au samedi inclus. Nous sommes disponibles par téléphone mais seulement à ces horaires. Vous pouvez bien sûr nous transmettre vos commandes par mail, nous vous encourageons à le faire pour des raisons pratiques.

Si vous souhaitez des retraits l’après-midi, cela est tout à fait possible mais il faut nous prévenir avant afin que nous puissions nous organiser. Il sera aussi possible de vous livrer à domicile, si cela s’avère indispensable.

En revanche, n’étant pas équipés pour la vente par correspondance, nous préférons ne pas faire d’expéditions.

Certains Prix Littéraires seront décalés en raison du confinement, mais il semble que la majorité des nouveautés programmées paraîtront aux dates prévues. N’hésitez donc pas à les réserver !

Nous vous remercions mille fois de votre compréhension, de votre fidélité et de l’attachement que vous portez à la librairie.

Bon courage à toutes et à tous,

A bientôt,

L’équipe de la Librairie L’Odyssée.

Arène

Après l’excellent « Désorientale », Négar Djavadi signe son retour avec un roman incisif et percutant, qui pose les bonnes questions et démontre habilement la complexité du monde dans lequel nous vivons.

Paris, de nos jours : le livre s’ouvre sur un règlement de compte visant un enfant aux préoccupations familiales sommaires et basiques qui dénotent tellement de ce qui va lui arriver… La puissance de ces quelques pages annonce déjà un grand roman.

Puis une banale altercation urbaine va faire s’embraser tout un quartier de l’Est parisien. Autour de cet évènement, plusieurs voix, plusieurs vies, qui cherchent toutes à se sauver d’un guet-apens déclenché par on ne sait trop quoi, on ne sait trop quand. L’auteur dévoile chaque personnage, aussi différent de son voisin soit-il, avec tant d’habileté qu’on ne peut que comprendre la logique de chaque pensée, chaque agissement, et c’est là une formidable leçon de société qui nous est donnée : chaque révolte est légitime, et rien ne semble pouvoir arrêter une machine qui s’emballe toujours plus vite.

Les mots, le style, les phrases défilent à toute allure, et le lecteur est souvent tenté de reprendre son souffle.

Désorientale était chaleureux, foisonnant et voyageur, Arène est vif, lucide, et ultra-contemporain. Deux réussites absolues pour une même grande auteure !

Fanny

Arène, Négar Djavadi, éditions Liana Levi 22 €