Voilà une question qu’on nous pose souvent à la librairie ! Fini, les réponses approximatives, nous avons enfin toutes les explications !
Grâce à l’érudition d’Olivier de la Rivière, découvrez l’origine et la particularité des noms de plus d’une centaine de rues dans une déambulation au coeur de la Cité Corsaire, magnifiquement illustrée par les aquarelles de Clémence Corbin. Et comme la vie de Saint-Malo n’est pas un long fleuve tranquille, vous découvrirez comment au fil des siècles et des péripéties, les rues ont évolué ou disparu. L’occasion unique de voir la ville sous un angle inédit, en particulier à l’aide des nombreux dessins qui accompagnent le récit.
Un voyage incomparable dans le temps et l’histoire de la ville !
Le saviez-vous ? Noël, c’est le mois prochain ! C’est peut-être le moment de prendre un peu d’avance…
Rendez-vous ce vendredi 8 novembre de 17h à 19h !
Les rues de Saint-Malo, voyage au coeur de la cité corsaire, Clémence Corbin et Olivier de la Rivière, éditions Ouest-France 19.90 €
Chicago, début 1990, chacun dans leur appartement, Elizabeth et Jack s’observent en secret par la fenêtre. Ils se rencontrent et tombent amoureux. Il est artiste et photographe, elle commence à travailler dans la recherche autour de l’effet placebo. Tous deux s’immergent dans cette nouvelle décennie, au coeur d’un quartier branché et arty.
Quelques années plus tard, la réalité les rattrape. Jack s’ennuie en donnant des cours d’histoire de l’art à des étudiants rivés sur leur smartphone, Elizabeth administre des placebos dans une clinique privée, choisissant de tromper ses patients pour mieux les guérir. Tyrannisée par son fils Toby, un bébé ingrat qui souffre de néo-phobie alimentaire, elle est à deux doigts de craquer. Quant à Chicago, la ville a fait le saut dans le nouveau siècle. Les quartiers populaires se sont « gentrifiés ». Les bars louches où l’on s’encanaillait à écouter les SmashingPumpkins ont fait place à des restaurants chics et aux résidences hors de prix.
Au coeur de ce couple qui commence à tanguer sévèrement, chaque petite fissure risque de se muer en catastrophe. La conjugalité, un enfant difficile et un projet immobilier qui prend l’eau suffisent à transformer Jack et Elizabeth en ce qu’ils redoutaient le plus : des clichés.
C’est là qu’intervient Nathan Hill !
Car l’auteur n’a pas l’intention de laisser tomber ses personnages. Pour les aider à s’en sortir, il va remuer le passé, remonter le cours du temps et peu à peu faire tomber les masques. Qui sont vraiment Jack et Elizabeth ? D’un côté un petit garçon perdu dans un Kansas aride, à l’enfance maussade pris en étau entre un père taiseux et une mère gentiment dingue, et de l’autre côté une petite fille héritière d’une grande famille qui depuis des générations a bâti sa fortune en exploitant et pillant autant la terre que les hommes.
Comment vivre sans se raconter d’histoires ? Dans Bien-être, Nathan Hill détricote tous les chemins que nous empruntons pour nous raconter des mensonges sur ce que nous croyons être. Mais ces mensonges sont le ferment de toutes les difficultés que nous rencontrons ensuite dans nos vies. Comment être heureux en amour si nous restons un enfant traumatisé ? Comment vivre en couple alors que nous avons grandi en trompant sans arrêt notre monde.
Nathan Hill est un prodige, et pour son deuxième roman il réussit l’impossible : nous réconcilier avec nous-mêmes en nous faisant rire aux éclats, en métamorphosant l’instant le plus tragique et le plus déchirant en une leçon d’espoir.
Pardonnez l’utilisation de ce mot tellement galvaudé, mais c’est pourtant le premier qui vient à l’esprit une fois ce livre refermé : Bien-être est un roman génial.
Prenez tous les adjectifs et superlatifs du dictionnaire que vous voulez, multipliez par 10 et vous saurez ce que vaut le deuxième roman de Nathan Hill, et l’émotion et la joie qu’il vous procurera.
Si Philip Roth et John Irving avaient eu un fils, ils l’auraient appelé Nathan Hill.
P.S : Son premier roman, Les Fantômes du Vieux Pays était déjà fabuleux, et il existe en folio !
Frédéric
Bien-être, Nathan Hill, bien-êtrement traduit de l’américain par Nathalie Bru, Gallimard 26 €
Au début des années 70, plusieurs industriels proposent à quatre jeunes chercheurs de l’université de Berkeley de travailler sur une projection liée à la croissance économique. En se penchant sur toutes les données à leur disposition (natalité, espérance de vie, ressources naturelles, surface des terres arables, pollution…) et avec l’aide d’un prototype IBM révolutionnaire, l’équipe rédige une note dont les conclusions sont sans appel : si la croissance et la démographie ne ralentissent pas, l’humanité connaîtra un effondrement inéluctable au cours du XXIème siècle.
Publié chez une obscure maison d’édition, le rapport deviendra vite un succès monumental et ira jusqu’à influencer la politique américaine de l’administration Carter. Mais l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan en 1981 mettra un point final à la bonne volonté américaine. Le changement de paradigme n’aura pas lieu.
De leur côté, deux des chercheurs tenteront d’alerter et de convaincre l’opinion pendant des années, avant de se résigner puis de se retirer dans une ferme pratiquer l’élevage bio. Le troisième décidera de profiter de la vie, allant jusqu’à travailler pour ceux responsables du saccage planétaire. Quant au dernier, le norvégien Johannes Hudson, il disparaît de la circulation. Les rumeurs disent qu’il est devenu fou et qu’il aurait croisé la route du mystérieux terroriste Unabomber…
Inspiré de faits réels, notamment du « rapport sur les limites à la croissance » publié en 1972, Abel Quentin livre avec Cabane un roman « coup de poing » sur notre inaction et notre incapacité à modifier nos comportements pour un futur trop lointain, un futur que nous ne vivrons peut-être pas. Mais Cabane est avant tout un livre passionnant, peuplé de personnages inoubliables confrontés à la plus violente des réalités, celle d’une humanité qui a fait le choix du confort, de la vitesse, de l’argent et qui préfère « foncer droit dans le mur en klaxonnant » au détriment du bon sens.
Dans Le Voyant d’Etampes, son deuxième roman, Abel Quentin dénonçait déjà avec un humour ravageur les hystéries de notre folle société contemporaine. Avec Cabane, il livre cette fois une épopée romanesque aux multiples ramifications, mordante et furieuse, lucide et impitoyable.
« L’avenir des Etats-Unis dans deux ou dix ans (…) est une chose sérieuse. L’avenir du monde dans cent ans ne l’est pas. L’avenir du monde est une préoccupation oiseuse, une lubie bizarre pour tout dire. Si on se préoccupe de l’avenir du monde alors on oublie l’avenir des Etats-Unis et pendant ce temps-là les chinois n’oublient pas l’avenir de la Chine, eux. Les Russes n’oublient pas l’avenir de la Russie, eux. Et pendant que vous rêvez tout haut, pendant que vous lisez l’avenir dans vos graphiques et vos modèles compliqués, vous vous faites voler. Les chinois et les russes vous font les poches en riant. »
Cabane est l’un des romans les plus percutants de cette rentrée littéraire. Quitte à vivre la fin d’un monde, autant connaître les raisons du désastre et passer un bon moment…
Frédéric
Cabane, Abel Quentin, éditions de L’Observatoire 22 €